L'AGIOTAGE SUR LES ~IIXES o'oR 301 d'existence que dans l'entendement, attendent la sanction de l'exp0ricncc. La spéculation est, à proprement parler, le génie de la décom·crtc. C'est clic qui inYentc, qui inno,·c, qui pourvoit, qui, semblnblc à l'esprit infini, cri<·de rit'II toutes choses. Elle est la faculté essentielle de l'économie. Toujours en éveil, inépuisable dans ses ressources, méfiante dans la prospérité, intrépide dans les revers, elle a,·ise, conçoit, raisonne, définit, organise, con1111:1ndc, lt:r:ifêre; le traY,til, le capital, le commerce cxiwlml. Elle est la tête, ils sont ks membres; elle marche en souveraine, ils sui,·ent en escla,·cs. L'œuHc coloniale réaliscc par l'influence de la spéculation dans le \\'itwatersr:111d semble justifier une définition dont le lyrisme s'en,·ole jusqu'au septième ciel de la spiritualité mystique. li n'est pas douteux, en effet, que, sans la perspectiYe des gains exceptionnels à recueillir rapidement, jamais on n'aurait pu attirer YCrsJohannesburg les cent millions de liHcs sterling qu'il a fallu pour prcparcr et commcncer l'exploitation des richesses miniè:rcs du district. Et pourtant, la médaille symbolique relati,·e :'t la banque de Law pourrait se graYer de nouyeau pour caractériser la spéculation contemporaine sur les mines d'or, en donnant à son re,·crs un sens encore plus décc- \'ant et plus terrifiant; il faudrait y peindre l'image des horribles suicides qui sont la contre-partie fatale des fortunes scandaleusement acquises . .\ la d1:finition enthousiaste de Proudhon sur la spéculation, les socialistes ont k devoir d'opposer l'éloquence passionnée de ?llirabeau apostrophant les agioteurs et fli'.:trissant l'agiotage. Écoutez, écoutez la Yéhémcntc Dé11011ci,1lioa1u1roi rnr l'agiol,1ge, qui, scion la belle image de notre Y<:nérémaitre Benoit ?llalon, rhéla le tribun dont la YOix puissante allait dominer les premiers coups de tonnerre de l'ouragan rcYolutionnaire : C'est l'ennemi le plus redoutable de votre royauté, c'est l'agiotage que je dcnonce :\ \'om: .\lajl!sté; il dhore ,·os re,·cnus, il aggrave les charges de l'Etat, il corrompt ,·os sujets, il cncn·c votre puissanœ; s'il exl.!rçait plus longtemps ses ravages, il rendrait impossible jusqu'à ,·os bienfaits. );'ous ne s.iurions vous déguisr.:r, sire, qu'il ,t des protr.:cteurs au pied de ,·otre trône. Peut-être hélas! vous persuaderont-ils que l'agiotage a été jusqu'ici un palliatif nècess.tire et que mes principes ou les faits que j'allègue sont autant d'erreurs. Sire, il s'agit de l'honneur ou du salut de la France . ... Oui, j'en jurr la vérité, l'agiotage qui s'cxcr.:t: à Paris sur des effets dont le produit éventuel égare l'imagination ne peut engendrer que la plus abominable d.:s industries. Eh ! quelle compensation offre-t-il, quand son rèsultat unique, son dernier produit, est un jeu effrené, où des millions n'ont d'autre mouvement que de passer d'un portefeuille dans un :rntre, s:tns rien .:r~er, si cc n·est un groupe de chimères que la folie du jour promèm: a,·cc pompc et que celle du lendemain fera évanouir. ... Détruire l'agiotage, c'est sauver l'Etat, c'est pourvoir it sa sûreté, c'est
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