LA RE\"UE SOCIALISTE <leYenueune industrie Jont la prospérite dans un aYcnir prochain n'est pas niable. La régularité de la production, l'accroissement continu <les rendements mensuels, la distribution périodique de diYidcndcs, les <léYcloppcmcnts <le tra\·aux miniers, constatés par des rapports officiels, démontrent que rien ne peut plus faire sombrer certaines industries aurif.:rcs, tant que le m<'.:talprécieux conscrYcra sa \·akur co1wentionnclle d.rns le monde ciYilisé. Les capitaux disponibles entre les mains des gens bien renseignés n'ont pas craint de manifester leur confiance à l'heure la plus critique. Cc sont les achats au comptant par i.l haute banque qui ont arrêté le mouYctm:nt de baisse, lorsque les râfles ont été terminées. Cc qui prouve aussi qu'il n'y a pas eu, :i proprement parler, de krack des mines d'or, et que l'aYilissemcnt des actions aurif.:rcs n'était qu'une manccunc en Yue de spolier la petite épargne, c'est l'intcrYcntion oflicieuse et rcst.'.:cmuette <lu ministre des finances. Les principaux etablissemcnts de crédit, où l'on n'ignorait pas la cause Y<:ritablc <le cette panique machinée, n:pouss.:rent discrètement« l'immixtion insolite ,, de il!. Doumer, scion l'expression employée par ks organes de la haut..: banque. M. le baron de Rothschild, il!. illagnin, .\1. de Verneuil, et l'on ne sait quels autres \"autours royaux de la banque et de la Bourse, n'eurent pas à se mettre en frais d'éloquence pour cOn\·aincre le successeur de il!. RouYier que, ni de pri:s, ni de loin, il n'y aYait rien, dans Li dépréciation momentanée des mines d'or, qui justifiàt l'inter\"cntion gou\·ernemcntalc exercée au moment du krack des cuincs et de la crise du Comptoir d'Escomptc. Il était inutile de mobiliser la réserve des forces financicres de la France pour rendre la solidité au marche de Paris. On s'est contente de féliciter le ministre de sa Yigilance, et on l'a prie de se tenir bien sage. L'affaire ne regardait pas le gouwrncmcnt. Conformément à la bonne doctrine libérale de la Yicille économie politique, il fallait laisser le capiul YiYrc avec ses antinomies, et le crédit se corriger lui-même de ses propr.::s erreurs. Ac lieu d'une intcr\"cntion goll\·erncmcntalc sans efficacité et d'un c,1ract0rc· purcmcnt officieux, il eùt été:, en effet, peut-être plus logique de mettn: en mouYcment l'appareil judiciaire. ~'y a-t-il pas dans le code pt'.:nal des articles qui condamnent sévi:rcmcnt les fraudes <le l'agiotage ? Les naïfs et les ignorants qui se sont emballés contre les mines d'or et qui ont juge :i propos de crier au krack, par instinct impulsif et généreux, mais maladroit, ont fait tout bonnement le jeu de la haute banque; ils ont aidé à prornqucr la panique parmi ks petits épargnants qui ont vit<.!làché cc qu'il cùt été: aYantagcux de retenir. Les critiques dcraisonnables sont loin de nuire ;\ la spéculation
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