L'AGIOTAGE SUR LES MIXES o'oR circonstances dont l'agiotage s'est servi pour justifier les vols scandaleux dont le public a étc la victime bcnévole et résignée. Jl est permis aux naïfs d'avoir des doutes sur les mobiles qui déterminércnt i\1. Cleveland à prononcer un discours dont le ton cassant fit opérer à >lcw-York et à Londres des coups de bourse abominables. Mais personne ne se meprend sur les causes du conflit armé entre les Boers et les bandes de la Compagnie anglaise du Sud de l'Afrique. L'inter\·cntion prémeditée des gros spécubteurs dans cette affaire a et<'.t:ellement manifeste qu'on ne pense même pas à la nier. Beaucoup d'acheteurs au comptant des mines d'or ne voulaient pas se laisser dépouiller comme les acheteurs à terme, et s'obstinaient à garder en portefeuille leurs titres, en dépit des manœuHes ,ks puissants spéculateurs jouant à la baisse. L'acheteur au comptant pref~re en France risquer de tout perdre plut6t que li1cher à moitie prix; l'idée ne lui vient pas qu'il pourrait se racheter avec avantage. Pour vaincre cette obstination et combiner un coup qui flt enfin lâcher prise aux plus opini,'ttres, la haute finance associée de Johannesburg et de Londres n'a pas ht:sité à faire e1wahir en pleine paix le territoire d'une République sud-africaine, au risque d'une conflagration gcnéralc en Europe. Qu'importent les vies humaines sacrifi1:cs, pourn1 que les grands spéculateurs puissent sans pcril ramasser des millions! Les barons financiers qui font des coups de bourse ne se contentent pas Je profiter des circonstances favorables créées par les év<'.:ncmcnts fortuits; ils se sentent assez forts pour modifier à leur gré ks lv<'.:ncments et les circonstances; ils dressent 11.u grand jour les embùchcs ou doivent tomber inévitablement la petite speculation et la petite épargne. LE BRIGAXDAGE DES TROP PUISSA~TS AGIOTEURS La propaga1\de socialiste peut-elle négliger de dire la vüité sur les voleries !<'.:galesque le régime capitaliste autorise? ~on. Il y a des recrues à faire parmi les victimes Je l'agiotage. Les crises pc:riodiques de spcculation se produiront inévitablement toujours dans une société oü il n'y a guère d'autre mobile que l'intcrèt individuel. Partout, aujourd'hui, la fraude triomphe, parce que la fraude hardie peut seule faire acquérir la richesse et asseoir l'indépendance matérielle, si nécessaire à l'indépendance de l'esprit. La petite bourgeoisie, cette classe moyenne dont les préjug.'.:s sociaux montent encore la garde autour des lois qui conscrYent les pri\'ilèges des plus forts, finira bien par comprendre qu'elle aussi est une dupe, et qu'elle est opprimée et spoliée de même façon que la classe laborieuse déjà d-:possédéc de tout instrument de travail. Les petits capi- ,,
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