L'IDl'::ALIS)IE SOCIAi. 283 -------~--------------------- siècles près ;\ quelle date le soleil aura cessè de nous enrnver ses Jerni.:rs ra,·onnements. \'oilà donc où auront abouti les o-ra;1dioscs rcalis,1tions- et les espfrances plus grandioses encore ! Pui~que tout meurt, les mondes comme les indi,·idus, c'est donc la mort qui est le terme de nos espérances. \',miteux philosophe, os-: donc nous déclarer que ceux à qui tu promèts de si glorièux dèstins ne mourront pas! Si to:1 idéal a une mesure dans le temps et d.1ns l'espace, s'il ne nous oune pas l'infini, comme domaine et comme durée, qu'est-cc Jonc qui k distingue du grognement d'un porc affamé? li n'y a plus alors entre cette expression du besoin aninul et ton idéalisme qu'une différence de quantitt:, mais non de qualitt:. Et cctte quantité, si grande la fasses-tu, a pour lugubre limite la limité Je toute chose. Puisque tel est notre destin, laisse-nous rèver lès mensonges qui ,1doucirent nos souffrances passées. Et si nous ne pouvons plus y croire, hél.is ! trop instruits pJr tes pareils, laisse-nous plutôt re,·enir à l'inconscience primiti,·e qui fera refleurir peut-être en nous les illusions consol.intcs. Ne nous as-tu tant portés en dehors et au-dessus de nous-m(;mes qu'afin de nous mieux montrer et Je plus loin notr,· misère future et le néant qui y mettra fin! Puis-je être heureux, si je sais que, dans aut,rnt de milliers d'années qu'il te pl.1ira, l'espèce :i qui tu 111'.1esnfin intéressé doit misfrablcment périr de froid et de faim? Toute vérité est une di:sillusion: Comment, alors, osas-tu faire reposer l'espérance sur l.1vérité! Tu ne cheYauch.1s donc la chim.:re que pour l.i conduire aux vérités ,lésespér,rntes ! Tu ignoras donc que le bonheur se mesure aux possibilités que nous avons de ré,1lis1:rnotre idéal. La brute repue est heureuse. ~bis tk quelle réalité repaîtras-tu les fils de l'intelligence, toi qui ne peux ignorer que l.i connaissance des choses augmcntc l.1 distance qui sépare le réel de l'idéal, comme si un dieu j,tloux voulait nous clütier Je cet empiètement sur son domaine! Si tu veux supprimer cette distance, ose nous promettre l'éternité. Cela, tu ne le peux, puisque tu prétends ne parler tjU'au nom de b ,,~rité ! - Hommes Je peu de foi, quels miracles nouYcaux vous faut-il donc pour vous donner confiance! Regardez en arri.:rc et considèrez l'immensité du chemin parcouru depuis que la vie org,111iséeparut sur ce globe. Comptez que l'homme est le dernier-né des enfrtnts de la terre. Estimez la distance qui YOUSsépan.! de l'homme primitif de ~canderthal. Supposez que YOUs<:tes à mi-chemin de YOtre é\"Olution ascendante, et yoycz cc qui YOUs reste i acquérir et l connaitre ... D'ailleurs, :i \"Otre aise! Souhaitez, si vous le pou,·cz, le retour ,1 l'inconsciencc de la monèrc et i l'insensibilité du cristal. ,\lais non, vous ne k pouycz : YOusêtes les prisonniers de Yotre destin, les otages de votre gloire. Il YOusserait plits facile, d.:s aujourd'hui, de réaliser les rén:s les plus audacieux, Je recn'.:er un dieu réel, de rd>.itir un
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