La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

2.t6 LA RE\'UE SOCIALISTE --------------------- REVUE DES LIVRES Les Causes de la Folie, prophylaxie et assistance, par le docteur Edouard TouwusE. - Socictc d'éditions scientifiques, 4, rue Antoine-Dubois, Paris. Nous a\"ons lu avec intérêt cet ouHage très étudié. L'auteur s'élè"e a"ec raison contre l'étiologie banale, si111pliste qui a encore beaucoup trop crédit en médecine. Pour lui, la cause de la folie comprend« l'ensemble des conditions étiologiques » qui lui donnent naissance. « E11trc les symptômes objectifs d'une maladic et les causes qui semblent l'avoir déterminée, il y a toute une série de phénomènes qui s'enchainent et sè commandent mutuellement et qu<! nous ne connaissons guère. » Le fait, journellement constaté, de différences fondamentales dans la modalité morbide chez des indi,·idus divers exposés aux mêmes prétendues causes de tdle ou telle maladie, constitue bien une prcu,·e suffisante de la nécessité de faire inter\"enir un autre facteur qu'on appelle la prédisposition. Nulle part, d'ailleurs, la prédisposition n'est mieux admise que dans la folie, aussi n'est-ce point dans l'énumération de toutes les formes ou causes de cette prédisposition que nous suivrons l'auteur; ce qui nous intéresse plus particulicrement, c'est que l'étude « des faits débarrassée des opinions préconçues", amène l'auteur il en\'isager la question de la cause et de la prophylaxie de la folie comme une question d'inténèt public, c'est-à-dire comme un des cotés de la question sociale. li suffit, en effet, de réfléchir ,1u rèle de l'herédité, du milieu soci,tl et des influences mor.1lcs pour comprendre combien il serait désirable de \'Oir restreindre les mariages avec des « candidats ,\ la folie » ; on devine de même l'importance d'une éducation et d'un genre de vie appropriés aux susceptibilités psychologiques de chaque individu ; enfin on aperçoit le danger social dé notre vie moderne de plus en plus agitée, fiéneuse et empoisonnée de toutes façons. Tout cda est \'rai, dira-t-on; mais qu'y faire? Assurément, il ne suffit pas de constater le mal, de le considérer comme le résultat d'une « loi naturelle » et de conclure a\'ec les bons économistes qu'il n'y a qu'à« laisser faire ». Ici, comme partout, la science nous montre le remède en nous dé\'oilant la genèse du mal. En effet, plus nous apprendrons à reconnaitre l'enchainement des causes

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