LA REVUE SOCIALISTE Lausanne, Yient d'affirmer sa parfaite cohésion solidaire. li ctait devenu nécessaire de rcpondre, - par de solennelles protestations, par des démonstrations entourées de la plus grande publicitc, - aux tentati,·es de diYision habilement semées par les Compagnies à l'aide de concessions partielles octroyccs çà et là comme des grâces patriarcales. Le syndicat des employés des Compagnies de transport et son organe La Vapeur gardent une fidélité inébranlable au drapeau de la solidarité et aux reYendications qui y sont inscrites. L'unio11ouvrière de Ln11sm111e. - \'oulant pénétrer dans le public « bien pensant,, et y faire juger plus sainement le socialisme, l' « union ouniere » de Lausanne a,·ait confié cette délicate mission à notre directeur. Nous donnons, d'après le Gnïtli, le n:sumé de la remarquable conférence faite par M. Georges Renard dans la salle du Musée industriel, sous ce titre : « Trois crimes du socialisme. » Xous voulons détruire la liberté? Tout réglementer, encaserner le genre humain, enfermer le monde dans un réseau serré d'obligations mesquines? - Mensonge et calomnie. Nous voulons au contraire que cesse l'actuel servage, nous proclamons hautement notre amour de la liberté - œ qui n'empêchera pas la presse bourgeoise, de Paris et même de Lausanne, d'aller répétant que nous cherchons à tuer l'initiative individuelle. Sous le régime actuel, est-il libre l'ouvrier qui n'a que ses bras pour vivre? Sous l'aiguillon de la faim, doit-il, oui ou non, subir les conditions du capitaliste? Et le capitalisten',st pas fautif, mais bien le système économique qui nous régit : Un patron YOudraitil accorder à ses ouvriers la totalité des produits de leur travail, ce patron serait ruiné par la concurrence. Est-il libre, le journaliste qui dépend d'un comité de rédaction, d'un bailleur de fonds? Cet homme a peut-être des instincts généreux. Il doit les refréner pour ne pas déplaire. Il voudrait flageller une injustice. On lui impose silence. C'est un manœuvre de lettres, un serf. En France, en Allemagne, en plusieurs cantons suisses, l'employé est-il libre vis-à-vis de l'État? Peut-il, sa tâche remplie, redevenir citoyen, parler et écrire selon ses convictions? II Quand tout le monde aura son pain assuré, Je tra,·ail n'aura plus de stimula11ts, l'apathie universelle règnera, les champs resteront en friche, les machines chômeront? - Jamais de la vie. Qui voudra mourir de faim? Qui refusera de travailler? Tous mettant la main à la pâte, le tra,·ail de chacun en deviendra moins long et moins pénible. C'est mathématique. Plus de parasites et plus de surmenage ! Plus d'oisifs trouvant dans leur berceau des titres qui les dispensent de travail I Chacun pouvant choisir sa profession, selon ses aptitudes et ses goûts, le travail deviendra plus attrayant, plus facile. Les écoles secondaires et supérieures ne seront plus encombrées de nigauds qui se traînent
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