LES GRA~DS CO~CERTS ET L'ÉDGCATIO~ )!CSIC.\LF: 227 simple et du primitif pour :uri\·er insensiblement aux œu,-res polyphoniques les plus complexes. Les différentes phases de l'histoire de la musique, une fois connues par quelques œu\'res caractt'.:ristiques permettant de comparer, dans chacune d'elles, les maîtres contemporains, il est tout naturel de chercher ensuite à pénétrer t·n entier, ou particllcml!nt, l'œu\TC de tel ou tel de ces maitres. li serait ,i désirer que l'on adoptât, dans cet ordre d'idées, une coutume étrangcre qui consiste ù composer exclusivement, ou à peu pres, une séance de musique avec une œuYre importante ou une serie de pii'.:ccs choisies d'un seul compositeur. Cela, du reste, se fait quelquefois à Paris, sous le nom de festival. M. Lamoureux a souvent consacré des si'.:ances presque entières à R. \Vagncr. .\1. Colonne a exécuté, l'hi\·er dernier, presque toutes les œuYres non scéniques d'Hector lkrlioz, chacune intégralement. Ces trois derniers mois, il a fait entendre, en neuf séances, les Symphonies de Beethoven, que .M:-.Ld'Harcourt et Lamoureux inscrivent aussi à leurs programmes. Trop de variété nuit, éYidcmment, à l'intérêt d'un concert et, quelque intéressantes que soient les « danses anciennes» qui peuvent di,·crtir agréablement (telle la Loïc Fuller) les vieux abonnés de ['Opéra de la Ylle des instrumcnti~tcs en habit noir sur la scene, il serait prefcrable de ks regarder et de les ouïr, ces menuets et ces passcpieds, dans la pi.:ce de Glück ou de Rameau, dont on les a détachés. J\lais je ne pense pas quc les grands concerts de !'Opéra, qui ont obtenu et obtiendront (je le leur souhaite nonobstant) un trés grand succés, s'élévcnt jamais à la hauteur de leurs rivaux. Il y a toujours, dans cc qui touche à notn; Académie nationale de musique, une préoccupation oppor/1111istc, si j'ose dire, du co1wentionnel, de la routine et du juste milieu, qui fait que januis, à moins que les choses - et les hommes - ne changent, il n'en sortira rien d'absolumcnt artistique et indépendant. Que dire d'un programme qui fait entendre l'admirable Chassefantastique de Sai11t-J11liml'Hospitalier ( ccritc par M. Erlanger, d'aprcs la légeude en prose, de Flaubert), entre une Symphonie de :\1. \Vidor et des fragments (ks meilleurs, me direz-Yous !) de la Muette de Portici? Mais !'Opera va reprendre somptueusement. .... Orphée ou Anuide? pcnscz-Yous. Non! Lt Favorite, tout simplement! ..... Il n'en est, heureusement, pas de même dans les autres cancer et, si l'éclectisme pr.:side toujours à la composition de leurs progr:m1mcs, ceux-là n'admettent que des œuHes d'une réelle \·aleur, qui ont assumc la lourde tâche de conduire la foule à la jouissance supn!me de chcfs-d'œuvre purs qui s'appellent : les Sy111pho11ies, de BccthoYcn; la D,wmation ou Roméoet ]11/ictte, de Berlioz; Parsi/al, dt: \\·agncr Psyché, de César Franck, ou les Impressions cll'!rtlie, de GustaYe Charpentier! J .-G. PROo'HO)DIE.
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