La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

CHRO~IQUETHÉATRALE 221 CHRONIQUE THÉATRALE THÉATREDES INDÉPENDAXTS- . L'Ornii:re, picce en trois actes, par Mme ?-larya CHÉLIGA. YAt;DE\"ILLE.- La B01111JeJilè11e, comédie en deux actes, en ,·ers, par M. Jules LEMAITRE. ;1{mc Chéliga est une féministe <leYolontc formelle, d'idées précises, aYec un esprit net, semblable à un bloc délimité par des faces dures et <les arêtes viYes. En clic, rien de flottant ou de Yaguc; elle connait son but et y court. Sa piccc, l'Omière, est comme elle. \'ou~ diriez un syllogisme : majeure, mineure, conclusion, et Yoilà. Sachez que nous ne sommes pas au théàtrc pour faire des grices, mais pour établir des démonstrations. Toute différente est la nature de?-!. Jules Lemaitre. D'ordinaire, il se plait à discuter, mais c'est moins pour chercher une preuYe, que pour se diYcrtir à causer. Où Ya-t-il? souYent lui-même l'ignore, et je crois qu'il ne s'en soucie guérc. Un chemin qui le mcncrait directement quelque part lui ferait horreur; il a peur de la ligne droite, parce qu'elle est droite. Cc qu'il lui faut, ce sont les inflexions d'une route souple qui puisse lui montrer à chaque détour un nouYcau panorama, et amuser cet enfant, amateur d'école buissonniére. Or, il est arriYé que l'v[mc Chéliga et .\!. Lemaitre, cc gt:01111:trcet cet attrapeur de papillons, se sont rencontrés ou à peu prcs . .\lais oui, c'est ainsi; ils ont presque traité le même sujet. Eh quoi! l'Orniere, un drame sombre, qui se déroule de nos jours, en 1896, qui met en mouYemcnt des gens à. Y"cston, des dccadcnts, des symbolistes, qui demande à changer le Code Napoléon, cc serait le même sujet que la Bo1111Heelè11e, une pochade sur les mœurs grecques d'il y a trois mille ans, où l'on blague Homcrc et Corneille, où les héros casqués brandissent de burlesques épées, où les princesses, faciles et narquoises, dcnouent si gentiment leur ceinture; ch quoi! ces deux œuvres si

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