La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

208 LA REV~E SOCIALISTE MmeÉMILIEDE MORSIER Mme de Morsicr est morte le 12 jam'icr dernier, après une longue et cruelle maladie. Elle laisse des regrets profonds, auxquels la Revue Socialiste tient :'t honneur de s'associer et de donner place dans ses colonnes. Deux des personnes qui l'ont le mieux connue, Mme Isabelle Bogelot, son infatigable collaboratrice, et Amilcare Cipriani, le vaillant socialiste italien, nous adressent à son sujet des lignes émues, dont, faute de pouvoir les reproduire 'intégralement, nous détachons les passages les plus saillants. Mme Bogelot rappelle (1) que le nom de Mme de Morsier est intimement lié à trois œuvrcs capitales, ayant toutes trois pour but de relever la condition matérielle et morale de la femme : 1° La Fédérationbrita1111iqeuteco11ti11e11ctaolnetre lit réglemenfatio11 de la prostitutio11; 2° L' Œuvre des libéréesde Saint-Lazare; 3° Le Congrèsinlenzatio111d1e/s amvreset instit11tio1f1és111ù1i11es, t nu à Paris, en 1889, et dont clic fut l'organisatrice et la secrétaire générale. Mme Bogclot montre comment son amie fut toujours inspirée par un puissant amour de l'humanité, par un tenace sentiment de ·justice; puis, frappée de l'activité fc.:condcd'une vie passcc à travailler pour les autres, elle termine ainsi : Pleurons Émilie de :\1:orsier;mais n'osons pas dire qu'elle est partie trop tôt. Comme un braveouvrier, clic avait rempli sa tàchc personnelle; à d'autres, ù ses amies particulières, de poursuivre l'œuvrc commencée et à faire - en souvenir d'elle et en communion de pensée a,·cc elle - tout le bien qu'elle rè\"ait. Elle a fini de souffrir, ou du moins je l'esp~re. Manifester nos regrets (1) Voir le Journal des Fe111111es (numéro 50).

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