La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

206 LA REVUE SOCIALISTE Que les soldats français, commandes et trompes, ne sont pas responsables des actes de leur gouYcrncment, Le triunl\'Ïrat dl'crète : .\RTIÇLE PRE)IIER. - Les Français faits prisonniers le 30 anil sont libres, et seront rerl\'ovés au camp français ; ART. 2. _:_ Le peuple romain, à leur départ, saluera ks Yaillants soldats de la République sœur. :fous le répctons : même ces lois-là ne sont pas encore du socialisme intégral. C'est vrai. La concession de la terre en emphytcose laissant aux concessionnaires la liberté de racheter leur part respectiYe, c'est-à-dire d'en faire une propriété priYée, ouYrait la Yoie à la spcculation, à la Ycnte successi\·e de ces mêmes parts, et par conscquent perp6tuait la possibilité pour les riches de reconstruire à nouveau de grandes propriétés, en exploitant les petits propriétaires paunes; de façon qu'on serait rc\·enu au bout de quelque temps aux anciens maux. Tout cela est Yisible aujourd'hui, à la claire lumière de la science sociologique; mais, en tenant compte des temps et des conditions de la République romaine de 18-19, on doit reconnaître dans ces décrets la Yision assez nette de la question sociale. Si ce n'était pas encore le plein socialisme, c'en était certainement l'antichambre. La République romaine tomba écrasée par la force matcrielle, mais dans l'éclat de sa vigueur, de ses projets, Je sa mission ciYi• lisatrice. V Des lors le mou\·ement pour l'indépendance italienne sembla changer de caractère. La dynastie de Sa\·oie et les classes conservatrices, ne pouYant plus tenir tète :i l'aspiration nationale que trente années <l'apostolat, de luttes et Je martyrs ayaient rendue irrésistible, se décidèrent à en tirer profit, pour empêcher, au moins, la Yictoires des idées de république ettle justice sociale, qui faisaient partie intégrante du programme initial du mou\·ement italien. Les circonstances et l'impatience, hautement humaine, des Italiens à sc reconstituer en patrie, aidcrent cette strati:gic tour à tour dynastique, conscrrntrice et diplomatique. L'empereur des Français, le funeste Napoléon III, poussé par le besoin de troun:r une diœrsion à son despotisme interieur, de se faire tolérer par la bourgeoisie française à l'aide de la gloire militaire, et par d'autres motifs facilement conceYables, des 1853, s'entendait aYec le

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