La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE conception nette de la question sociale et de son a,·cnir éclate absolument dans ces lignes-là. D'autant plus que, si le socialisme avait déjà grandi en France, par la propagande de Fourier, de Proudhon et de L. Blanc, on ne peut pas dire que cela constituât encore un véritable mouvement socialiste, a,·cc une organisation de la masse, avec un programme intégral et une discipline bien arrêtée. li faut donc tenir compte des prcoccupations assez claires de la question sociale, que nous trouvons, même avant 1848, dans l'œuvre de .Mazzini et le programme du parti républicain. Il le faut aussi pour la raison que, dans le premier essai de gouvernement républicain fait à Rome, en 18-1-9,nous trouvons bien affirmé le .dessein d'accomplir des réformes sociales dans la mesure du possible, c'est-à-dire un 111ÎIIÎ11111111 rationnel. Le directoire, ou mieux le triumvirat de la République romaine, - dans lequel Mazzini était l'inspirateur, A. Saffi et Armellini plutôt des collaborateurs - des que fut établie la République, en attendant que l'Assemblée constituante pourvût le nou,·el État d'une Constitution régulière, faisait d1:créter la promulgation de trois lois de caractère évidemment social, eu cgard au temps et à l'état de guerre dans lequel se trouvait la République romaine, menacée à l'ouest par l'expédition de Bonaparte, au nord par les Autrichiens, au sud par les troupes du royaume de Naples. Dans une de ces lois-décrets, on lit : Considérant que, le deYoir de la République est de venir en aide aux classes prolétariennes ; Considcrant qu'il est avant tout nécessaire d'arracher maintes familles à des habitations insuffisantes et insalubres; En attendant l'étude et l'application des mesures nécessaires à cet objet, tant pour Rome que pour les départements de la République ; Vu la nécessité de donner un exemple de moralité républicaine, en consacrant à l'assistance publique les édifiées que la tyrannie destinait jadis aux tourments de l'humanité, L'Assemblée, sur la proposition du triumvirat, décrète : ARTICLE PREMIER. - Les édifices jadis occupés par le saint office sont dès à présent destinés comme habitation aux familles du peuple, contre de petiles locaiio11sm favmr de l'ad111i11istratio11. (Suivent d'autres articles pour l'application du décret.) Dans une autre loi du même genre, on lit encore, et nous traduisons en abrégeant : Consid~rant que, pour accroître la moralité et le bien-être des travailleurs des champs : c'est-il-dire pour améliorer en même temps la production du sol et pour ~manciper ceux qui le travaillent, il faut que les propriétés foncières de l'État, ET CELLES QUI LUI DEVRO~T APPARTENIR PAR LES LOIS ULTÉRIEURES

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