La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

LE PRÉLUDE DU MOUVEMEKT SOCIALISTE EX ITALIE 201 y substituer un regime indigène quelconque; mais, tenant compte des traditions italiennes anterieures aux trois derniers si.'.:cles <l'oppression et <les nouYeaux horizons <l'aYenir social qui sortaient brillants <lu mou\·ement r.;\·olutionnaire europeen, il appelait le peuple italien, non seulement à se donner une patrie, non seulement ,\ \'Otiloir qu'elle fùt maitresse de ses destinées par une organisation politique n:publicaine, mais à reconnaitre que l'in<lepent!ance, l'unite, la liberté de la patrie ne <leYaient être qu'une grande et solide plateforme pour la solution de la question sociale. La preuYe en est que, t!t:s 18,5, en adressant aux Italiens un de ses mcmorables appels, .\[azzini s'exprimait en ces termes pn:cis : Les tentatives révolutionnaires faites jusqu'ici ont eu un nisultat négatif pour la raison que les chefs du peuple lui ont toujours parlé d'indépendance de l'étranger, de liberté politiqae, de droits politiques, 011blia11qt11Rtoult'sles rivo/,,/ions dans leur cs,ma so11tsociales. Le régime politique n'est que la form<' des changements; et on n'a pas le droit de convier des millions d'hommes à sacrifier leur trJnquillité et méme leur vie sans leur fixer nettement un but d'amélior,uion collecti,·c à la fois mor,tlc et économique, une mission d'éducation Haimcnt fraternelle pour tout le monde sans exception. Et encore : L~ question du régime politique est secondaire: il n·a pour objd que la mise en pratique des changements préparés p,tr le temps. On peut différer d'opinion à ce sujtt sans riduin• pour cela l'i111porta11ce d,· /11 q11es/io1sO1 (ialt. Car la question sociale est l'.\m..:de tout cc qui arrive aujourd'hui dans le monde ... , }.lazzini, et par conséquent le parti républicain italien, même avant 184 8, étaient bien au courant du mouYcment d'émancipation qui dcYait, quelques lustres après, s'affirmer si puissamment, en marchant tout droit, comme au premier but, it la conquête tic l'indépendance du pays; ils avertissaient à grands cris la nation qu'il n'ctait pas question seulement tic se donner des maitres indig.:ncs à la place des tyrannies étrangères qu'on allait chasser, mais qu'il s'agissait d'un véritable renouYellcmcnt de l'Italie, pour la mettre en état de remplir son rôle dans la révolution sociale qui sc préparait chez tous les peuples civilisés. Pour mieux apprccicr la valeur de cette juste conception que Mazzini a,·ait du mou,·cment social, toujours avaut 184 8, il faut lire un autre mémorable appel adressé par lui en 1840, de son exil it Londres, aux classes bourgeoises et aux tranilleurs italiens. Il est difficile de trouver, en ce temps-là, <les descriptions plus vraies, plus synthetiqucs de la condition des traYaillcurs du monde entier, une affirmation plus prophétique du f11l11r social qui s'appro-

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