LE PRELUDE DU MOUVDIE);T SOCIALISTE E:,,: lTAL!E 199 qu'a cette question d'unitè. D'ailleurs, la domination étrangère fermait soigneusement toute porte aux agitations de nature èconomique, qui, après 1830, Yenaient de surgir en France, en Allemagne, en Angleterre. Ounicrs et paysans, dans cet ètat de choses, ne pouYaient aYoir que des aspirations instincti,·es; mais, à leur tour, ils baient enYeloppes et entrainès par la question principale de l'indépendance de la patrie. D'ailleurs, a cause de l'ignorance presque absolue, où ks maintenaient les mdtres du pays, les prêtres et les hautes classes n:itionales, seulement un nombre bien petit d'entre eux étaient :'t même d'apprécier à leur juste Yaleur les questions politiques et économiques, et dans ces conditions ils se donnaient, plus que jamais, :'t l'action réYolutionnaire pour l'unité de la patrie. Le reste Yiendra plus tard, disait-on. Seul le cours de la Yie publique dans le pays aurait pu déYelopper dans les masses l'esprit d'obser\"ation et de comparaison indispensable à l'organisation intellectuelle, à coté de l'instruction primaire. i\!ais, comme nous Yenons de le dire, aYant 1860, il n'y aYait aucune sorte de Yie publique; c'était plut6t le contraire. La Yie nationale ne pouvait être que souterraine : la ,·ie de la conspiration pour l'insurrection. II Cependant, bien que la situation dans son ensemble ait été, de 1821 :'t 1860, telle que nous \"Cnons de la décrire, il se tromperait fort celui qui penserait que la question sociale ne fut, même dans cc temps-la, aucunement comprise en Italie. A cet égard, il faut se rappeler, que, si la réYolution nationale italienne, de 18-1-8à 1860, s'est faite - en apparence du moins - par le concours de tous les partis politiques, cc fut bien autre chose dans les temps antérieurs, qui furent les plus sombres, les plus difficiles, et dans lesquels on peut dire que l'idée de l'unité italienne a été ,,!ritablcment enfantée. C'est dans les années qui vont de 1831 :'t 18-1-.qr ue cette grande idée de la résurrection de tout un pays, à cause de l'acharnement féroce a,·ec lequel clic avait été combattue et poursuiYie, parut une entreprise presque déscspèrée, et fut rcgardt:c comme un rêve d'utopistes, ou comme un prétexte à la démagogie pour troubler la paix du monde. Il n'y a pas d'exemples dans l'histoire d'une férocité égale à celle avec laquelle l'idée italienne a été traquée en Italie, non seulement par l'Autriche dominante, mais surtout par les gouvernements indigènes,
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