LES ÉLECTIOXS COM~IUXALES E~ RELGIQl.,;E 193 LES ÉLECTIO:'\S Co11~1UNALES En Belgique <i) Pour apprcc1er à leur juste Yalcur les résultats des élections communales qui ont eu lieu dans notre pays, le 17 nOYcmbrc dernier, il importe, tout d'abord, de connaitre dans ses grandes lignes le régime électoral en vigueur. La loi communale nou\·elle, votée en 1895, sous l'impression des succés électoraux <les socialistes, a eu pour but a\'OLH!de leur fermer la porte des hôtels de ville. Elle maintient le principe du suffrage de tous, mais clic refuse le droit électoral à tous les hommes f1g6sde moins de trente ans et à tous ceux qui n'ont pas trois ans de résidence dans la commune. Ces deux dispositions sont extrêmement défa\·or:iblcs aux socialistes, parce que leur propagande a pénctré surtout dans les jeunes couches de la population et que, d'autre part, dans la région industrielle, beaucoup d'ouvriers passent fréquemment d'une commune dans une autre. Ajoutez à cela que la loi communale subordonne à des conditions très rigoureuses l'octroi du double \'Ote aux ouniers pères de famille, tandis qu'elle accord~ qua:trc YOix à tous les bourgeois payant un certain cens. Pour donner une idt:c des modifications que ces diverses mesures entraînent dans la composition du corps électoral, bornons-nous ,1 citer l'exemple de Bruxelles, où, sur un corps électoral émettant quarante-deux mille \'Otes, les électeurs à unç et à deux voix disposent de onze mille suffrages de moins, et les t:lectcurs à plusieurs \·oix de douze mille suffrages de plus, qu'aux élections lcgislatiYes. Dans de pareilles conditions, la lutte était extrêmement difficile pour (1) Cet article parait en même temps dans So,ial Praxis, Centralblatt fùr Sozialpolitik, Berlin. IJ
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