LA REVl:E SOCIALISTE Iï6 ---------------------- Belgique, quanLI k parti OU\Ticr élabora son programme agricole. Il faut attribun c.::fait an caracti:re réformiste de ces deux partis et à l'influence <]U'aexercé sur eux la nature mèmc du problème qu'ils s'eYertuaient de resoudrc. En Allemagne, au contrair.::, la persistance Liel'idc'.:emarxiste en sa forme primitiœ est manifeste et clic y met tout autant obstacle aux tendances réformistes qu'aux spécialisations du programme. La propagande agraire est pour le socialisme une necessité et un dc,·oir. une nécessité, parce qu'il ne saurait rester uniquement le parti des ouHiLTSindustriels et des intellectuels sans rendre impossible son but final : la conqui:te du pouYoir politique. On ne s'imagine pas, en effet, un gouYernement s'appuyant sur les trayailleurs de l'usine contre les traYailleurs de la glébc. Les ruraux ont beau aYoir la réputation d'ètre le rcmpa11 des institutions que la raison condamne, il faut cependant qu'ils entrent dans la majorité politique ou dans la minorité agissante qui etablira l'ordre social nou,·eau. Le socialisme a pour deYoir de s'adresser aux campagnes, s'il veut justifier sa raison d'étre: harmoniser les institutions sociales ayec le mode de production et bannir ainsi la misère du monde. Tous les partis socialistes organisés se sont rendus:\ l'éYidence de cette remarque et la question agraire est au premier plan de leurs préoccupations. Mais comment rendre les paysans socialistes? La doctrine socialiste répondait : exproprier les possédants et rétrocéder les instruments de traYail à la collectivité. C'est dans l'interprétation de cette réponse que git Je conflit actuel. Cette affirmation suppose, en effet, comme substratum, qu'il se soit constitu.: à la fa,·eur d'une concentration permanente un Yéritable monopole. Cette condition préliminaire n'est que partiellement atteinte dans le domaine agraire. Les groupements sociaux n'y sont pas assez nettement scindés en camps antagonistes pour que le principe moteur primordial y soit la lutte des classes. Certains socialistes le comprirent, dcYinrent réformistes, s'éprirent de reformes immédiates et allèrent jusqu'à oublier leur but final. Ils prêtèrent ainsi le flanc aux attaques de ceux qui les traitaient de démagogues. lis oublièrent b lutte des classes et le principe de contingence. )fous arnns entendu, en des régions de proprieté morcelée, des orateurs socialistes negliger de défendre contre les fermiers les droits des ounicrs agricoles. Ne s'est-il pas YUdes socialistes militants allant jusqu'à admettre l'inapplicabilité du minimum de salaire en matière ,1gricolc, parce qu'ils admettaient que la cris1.:agricole mettait les culti- ,·atcurs d.ins l'impossibilité de le payer. Cette condescendance est une erreur et, disons-le franchement, une bassesse indigne des socialistes.
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