174 LA REYCE SOCIALISTE lutionnaire et réformiste en même temps. >fous ne Youlons pas conquérir les Yoix des ruraux, nous Yottlons mettre à les connincrc la pern:,·érance dcployée jadis pour conquérir les traYaillcurs des Yilles. » L'orateur s'est ensuite attaché !t n:futer l'opinion que le petit cultiYateur propriétaire serait un irréductible ennemi du socialisme, en faisant remarquer que b concentration des biens fonciers l'ayait déjà prolétnrisé partout dans une large mesure. La démocratie socialiste doit s'intéresser à tous les souffrants, elle puisera dans la question agraire des forces nouYelies pour accomplir sa mission sociale. En réponse à cet exposé Schippcl s'est liné à une critique acerbe de chacun des articles du projet, prétendant n'y Yoir qu'une lmte en fayeur des privili:gcs des possédants, lutte dont l',trgcnt des ounicrs et des contribuables ferait les frais. Cc projet, disait-il, offre une ressemblance éYidentc avec celui deposé, il y a deux ans, au Parlement autrichien par cc comte de Falkenhayn, dont les mains sont tachées du sang des mineurs autrichiens fusillés à Ostrau. Craignons, disait-il, par des promesses intt'.:ressées, de plagier le programme et la démagogie des antisémites; que le petit cultinteur qui Yient à nous sache que nous n'entrcYoyons pour lui un avenir heureux que dans un État où il Yi\Ta dçchargé de sa propriété. Le début de la séance suivante fut marqué par le dépôt de la proposition Kfütsky, signée entre autres par Auer, Schippd et Singer, et dont Yoici le texte : « Le programme proposé par L1 commission agraire est à rejeter. Car c.: programme assigne comme but à la classe rurale l'amélioration de sa situation actuelle, c'est-à-dire la consécration de sa propriété pri véc et contribue ainsi à augmenter son fanatisme de propriété personncllc; il nt'.:gligcl'intérèt du prolt'.:tariat tout entier pour le sacrifier it l'intén'.:t actuel et immédiat de la culture. Cependant, l'intért:t de la cultuœ, comme cdui de l'industrie, n'est à l'heure actuelle que l'intérêt de la classe po%édante qui exploite le prolétariat. « Plus loin encore, le projet de la commission agraire donne ,'t la classe posst'.:Jantc de noll\·caux moyens de domination et alourdit ainsi son despotisme de classe.' Enfin, cc projet impose :'t l'État des obligations qui ne lui co1wiendront que le jour où le prolétariat aurait acquis le poll\·oir politique. Le congrès reconnaît que la culture doit aYoir sa législation diffàente de la législation industrielle et que ces lois sont à créer par la démocratie socialiste, si celle-ci veut arriver à uq résultat tangible par sa propagande dans le plat pays. Dans cc but, il prie le comite:: directeur du parti de rédiger une série d'études sur la maticre et de les éditer. » Malgré une proposition d'ajournement des Bavarois, le congres passa outre et continua la discussion.
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