La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

168 LA REVUE SOCIALISTE Yit la premicrc n'.:rnlte des prolétaires: cette n'.:Yoltedes tisserands, que Heine a chantée dans des ..-ers immortels, que le dramatur~ Hauptmann a symbolisée dans une piece émouYantc. Quels que soient les obstacles opposés au mouYcment socialiste, quelles que soient les di\'ergences d'opinion au sujet de la prochaine tâch<.:à exécuter, « nous sommes et nous restons, ainsi que l'a déclaré Singer en clôturant k congn'.:s, unanimes contre nos adversaires. Qu'ils en prennent note! >> La forte volonté et l'esprit de sacrifice du parti socialiste ne se démentent pas. C;: sont ces qualités qui le rendent toujours plus fort et qui lui permettront de Yaincre les ,·ieux partis. Le roi Stumm, cc grand industriel, concurrent de Krupp, qui, pendant les parties de chasse impériales, complote avec Guillaume l'extermination des socialistes, n'y changera rien. H. THt;RO\\". PosT-SCRIPTt;~I. - L·s so:ialistesallm111.1dest ltt jètt du dix-lmil ja11vù•r. - Les usages imposés p,u les gom·ernemcnts ne peuvent se maintenir longtemps à une époque comme b nôtre, riche en ré\-olutions et en progressives transformations des esprits. C'est surtout le cas, lorsque ces décisions d'en haut sont contraires au courant général des idées réformatrices. Qui aurait prévu, il y a vingt-cinq ans, que les fêtes instituées par les traîneurs de sabre, pour cékbrer leurs victoires, n'attireraient plus l'attention de la masse du peuple allemand; qu'elles seraient même considérées par beaucoup comme une insulte à l'esprit allemand! Qui aurait cru que le petit-fils de Guillaume !••, entouré de ses généraux, des conseillers de gou,·ernement et de ses conseillers auliques, de ses poètes <le cour et de ses sous-officiers ser,1it seul à fêter l'anniversaire de la proclamation de l'empire! Qui ,1urait pressenti que Bismarck, l'homme tant vanté par les patriotes, le puissant ministre de l'empereur victorieux, terminemit sa vie, oublié, à Friedrid1srnhe ! Le monde entier s'est ri des efforts maladifs de Guillaume et de tout le parti militaire pour transformer la fête du dix-/Juitjmwia en une fête populaire. C'est en \"ain qu'on a promené dans les rues les étendards de 18ïo-1871; on les a à peine remarqués, encore moins applaudis. Il n'y a que la bannière sans aigle, la bannière rouge de la démocratie sociale, qui soit capable de réwiller J'enthousiasme. Les discours de l'empereur, ses (;vocations des temps « glorieux » d'autrefois ne trouvèrent pas <l'cchos. Seules les p,1rolesdes chefs socialistes, si souvent menacés d'écrasement, résonnent encore dans les cœurs. L'abîme qui sépare le prolétariat alkman<l de ses gouvernants est trop i:\'ident pour pouvoir être caché. Et d'où vient cette différence dans les pensées et les idées d'en haut et d'en bas? Nous a,·ons déjà fait allusion au puissant courant progressiste et révolu-

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