LE PARTI SOCIALISTE ALLDIA~D E~ 1895 cratic sociale et on lui jette le gant pour un combat à mort. Eh bien, les insultes ne peu,·ent nous atteindre. Quant aux calomnies dont on ,·eut nous abreuver, nous sommes trop haut placés pour que L1 bouc qu'on nous jette puisse nous toucher. Si on nous offre le combat, eh bien, nous combattrons !... b logique des faits est de notre coté, elle dépasse la force de quelque homme que ce soit, m~me s'il avait des millions de baïonnettes à s,1 disposition. Le combat ne nous effraie pas. La lutte sera d'autant plus courte, elle sera d'autant plus vite passée qu'elle aura été conduite avec plus de vigueur. :Sous s,l\'ons que nous ,·aincrons. La victoire est dans notre main, pour,·u que nous ne nous li\·rions pas nous-mêmes! (Tempète d'applaudissements.) Cc discours, qui valut à l'orateur quatre mois de prison, caractérise bien l'état d'esprit qui n:gnc dans tout le parti à l'égard du représentant de l'État et de ses organes. La democratic sociale, disciplinée comme clic l'est, se gardera de toute provocation. Mais, si l'oppression devenait trop dure, si on osait toucher d'une manicre criminelle au seul droit réel que possedc le peuple allemand, au suffrage uni,·crscl, alors la patience de cc peuple prendrait fin. Et l'empereur, dont le ccn•cau est plein de tant d'id.:cs autocratiques et moyen âge, pourrait être atteint plus vite qu'on ne croit par le sort qui atteindra un jour tous ses collegues par la grâce de Dieu : l'abdication. Un débat approfondi sur la question agraire, d.:jà traitec dans l':want-dcrnicr congrès, conduisit à cc resultat que le programme rédige par la commission agraire fut rejeté, au moins sous sa forme actuelle. J\!aisce rejet n'a pas divisé le parti comme le monde bourgeois l'avait c~peré. On se sépara dans l'idee qu'il est possible d'élaborer un programme qui satisfasse, plus que l'ancien, à toutes les exigences de la pratique et de la théorie. En outre, furent traitées toute une série de questions, nous relevons les plus importantes. On recommanda aux ounicrs allemands de fêter le I°' mai d'une manière digne et imposante, en autant de lieux que possible, par la cessation du travail. On decida d'e1woyer de nombreux dclégués au congres international de 1896. Le congres s'occupa de l'industrie a domicile et du sweating-system, qu'on cherchera a combattre par l'extension des lois de protection ouniere et par l'abolition du marchandage. Ces revendications seront portées au Reichstag par la Mputation socialiste. Enfin on décida de c01.nmencer dans tout le pays une agitation générale contre la loi sur les domestiques, une loi qui rappelle par trop le moyen :îgc. Les délégués du prolétariat anient eu deYant eux un travail considérable. Mais, lorsque leurs travaux furent tcrmim:s, ils quittcrent Breslau afformis dans leur conviction socialiste, plus intimcm.::nt unis et munis d'idées plus mùres; Breslau, cette Yille où reposent les restes de Lassalle, Breslau la capitale du pays qui, de tous les États allemands,
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