La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

1 LE PARTI SOCIALISTE ALLEMA:-1D EX 1895 ses fondations, dont les revenus mobiliers diminueraient. Il en fut de mème des consen·atcurs pour des raisons de politique agraire. Le ministre des finances chercha à prou,·cr que l'Allemagne ne trouYcrait plus d'argent pour ses emprunts futurs et serait par là dépourn1c de moyens financiers contre ses ennemis de l'est et de l'ouest. Le parti ne put lutter contre tant de craintes pour l'Église, l'agriculture et la patrie; sa proposition fut repoussée. Notre groupe dut ensuite prendre position contre les nouYeaux impôts proposés par le gouYernement. Parmi eux nous rcncontrc\mes de Yicilles connaissances. C'était d'abord, sous une forme légérement différente, l'impôt sur le tabac dcjà rejeté par le Reichstag. On espérait cette fois-ci en tirer .fO millions de francs; mais ce projet fut repoussé à une gr<rndc majorité. En revanche, l'impôt sur l'eau-dc-,·ie fut accepté. On tirera désormais de cette boisson du prolétariat allemand 185 millions au lieu de r 70. Mais le combat le plus sérieux que le socialisme ait soutenu a été la lutte contre le projet goll\·crnemental sur les menées subn:rsi,·es. C'était une œune pitoyable et archi-réactionnairc que cette loi nou,·cllc. L'application exacte de quelques-uns de ses articles aurait suffi pour paralyser toute initiatiYe scientifique, artistique et politique. Pour pçrmettrc à nos lecteurs d'en juger, nous nous contenterons de leur donner deux échantillons de ces aggravations du code pénal. D'aprcs le projet, était menacé des traYaux forcés : « Celui qui attaque publiquement, par des expressions offensantes et d'une manière men:1çantc pour la paix publique, la religion, la monarchie, k mariage, la famille ou la propriété. » Était puni comme calomniateur: cc Celui qui répand des nouYcllcs fausses ou traYesties sachant ou ayt111d/,i co111prc11dred'après les circo11sla11ccs qu'elles sont fausses ou tranisties. » Le caractère par trop cxag<'.:réet tendancieux de ce projet en proYoqua la chute. L'hostilité de la classe capitaliste et de son empereur Guillaume contre tout progrè:s et toute tentative d'émancipation des traYailleurs s'y troll\·ait exprimée trop crûment. Il dcYait fom'.ment ou,Tir les yeux aux intéressés. La science et le traYail s'alli0rent; ils se souleY~rcnt contre cc nouYcl attentat à la libc;té de p.:nser. li en rcsulta que la loi si pompeusement lancée échoua misérabkment le l l mai 1895. La fraction socialiste obserYa la même attitlllle négati,·c à l'égard de plusieurs autres projets provenant d'autres partis. Elle YOtaentre autres choses contre une proposition du centre tendant à n.:streindrc encore davantage la liberté d'industrie par rapport au colportage et aux industries foraines. Le parti ne YOulutpas rendre l'existence encore plus difficile à ces petits commerçants qui p.ir milliers parcourent les routes aYcc leur marchandise. La plupart du temps, ils

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==