La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

LE PARTI SOCIALISTE ALLDIA:SD E:S 1895 161 la classe capitaliste. Enfin, pour empêcher les tr:l\·ailleurs d'exprimer leur juste mécontentement, on cherche à leur fermer la bouche au moyen de lois n:prcssiYcs . .\ propos du budget de la chancellerie impériale, nos députés attirérent l',ntention sur le temps de traYail excessif et malsain en usage dans la boulangerie et la p.ltisscric. Ils demandèrent que le goll\·ernemcnt prit enfin au sérieux la limitation du temps de traYail d.ms cette industrie. L'année précédente, la commission pour la statistique du tra,·ail, après :\\"Oir mis en lumière les conditions épouYantabks du traYail dans la boulangerie, a,·ait recommandé de limiter à douze heures (douze heures!) par jour le traYail des ouniers et à dix heures celui des apprentis occupés. depuis moins d'une année, enfin de garantir un repos nocturne ininterrompu de huit heures au minimum. Jusqu'à présent le gouYcrnement n'ayait rien fait pour répondre à cc neu. Son représentant a cepembnt déclaré aYec beaucoup d'emphase qu'on s'occupait actiYcment de cette question et qu'une solution était prochaine. Le budget des affaires étrangéres donna l'occasion au groupe socialiste de faire front d'une manicre 1:ncrgique contre la dilapidation des fonds publics, proYoquéc par la politique coloniale bismarckienne. Ces dépenses coloniales augmentent d'année en année. Le luxe des aYenturcs d'autre-mer déYorc les millions de la nation et ne profite qu'à quelques grands armateurs et à quelques gros nlgociants. L'abandon de la politique coloniale est d'autant plus justifié que nos conquêtes africaines sont, en clics-mêmes, sans Yalcur et qu'elles se déYcloppent à rebours, par la faute d'une administration qui ne sait que brutaliser les indigcncs. Le groupe socialiste a naturellement repoussé tous les crédits coloniaux. Au budget de l'intérieur les députés socialistes ont critiqué les rapports des inspecteurs de fabrique. Ils démontrent en détail l'insuffisance de la plupart de ces rapports et demandent qu'on y re1rn;die. Ils blàmcnt la réunion de l'inspection des chaudières à celle des fabriques, pratique saxonne imitée par l'adni,inistration prussienne; il en résulte une surcharge de traYail pour les inspecteurs trop peu nombreux. Le parti n'a pas seulement critique cet état de choses, mais il a demand.'.: l'augmentation du nombre des inspecteurs, apn:s les avoir déchargés de l'inspection des chaudières, la nomination d'inspectrices, l'adjonction à l'inspectorat d'ounicrs et d'ounicrcs, l'extension de cette inspection :'tde nouYeaux établissements et, en général, ·J'cxtcnsion des lois protectrices ounicres à la petite industrie, au traYail à domicile et à la navigation fluviale et maritime. Enfin il rccomman<lc.:la création d'offices du traYail suiYant le projet de loi proposé par le parti, en 1890. II

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