La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

., 160 LA REVUE SOCIALISTE Tous les partis libéraux et de protestation (centre, libcraux, parti du peuple, Polonais, guelfes) se prononcérent contre le désir de M. de LeYerzow, dont la proposition fut repoussée par cent soixantetrois YOixcontre cent quarante-six. Ce \"Ote entraîna la démission du prcsidcnt et du Yicc-présidcnt de la Chambre. La fraction socialiste profita de cette occasion pour se prononcer énergiquement contre les allures autocratiques et romantiques de l'empereur; ce dernier aYait cru devoir cnYoyer à Bismarck un télégramme d'indignation exprimant son mépris pour le \"Otedu Reichstag. Le parti proposa à la Chambre une résolution qui, aprés ,1Yoircritiqué de la manierc la plus vi\"C, dans ses considérants, les expressions employées par l'empereur, demandait : q11ele cbrf de l'Etat exerçai s011 i11fl11wce rnr les affaires p11bliq11e1s111iq11e111enl par /'i11lermédiaire du clH111ce/ier r spo11sable. Cette proposition ne fut pas mème discutée. Le nouveau président, le baron· de Buol, refusa de la mettre à l'ordre du jour, en alléguant cette circonstance que le to'.:légrammede l'empereur, n'étant pas contresigné par le chancelier, était une manifl!station personnelle et ne pouvait, par conséquent, être soumis aux délibérations de la Chambre. Ces incidents marquent bien l'opposition entre nos idées et celles des classes régnantes; cette opposition ressort encore plus Yi,·cment de la discussion des projets de loi et de diverses propositions. Les délibérations commencèrent par la discussion du budget pour 1895-1896. Le total des dépenses fut fixé à 1,561 millions, soit à 17 1/2 millions de moins que ne portait le projet du gouvernement. L'espace dont nous disposons ne nous permet pas ,d'entrer dans ks détails, nous nous contenterons de constater que la majeure partie de cette somme est affcctee à des institutions antiprogressistcs et est payée par les classes pauvres de la popubtion. En effet, les recettes provenant des douanes et des impôts de consommation s\:lcYent à 784 millions et les depenses totales pour l'armée et la marine sont evaluées, pou.r l'année courante, à 730 millions. Aussi le parti a-t-il agi confonrn:ment i ses principes, en ,·otant contre l'ensemble du budget, comme il l'a fait dcjà tant de fois, et en faisant valoir dans la discussion de détail les droits des petits contre la prodigalite d'usage lorsqu'il s'agit d'institutions anti-humanitaircs. Lors de la première lecture du budget, notre porte-parole a prouYé, de la mani<!rela plus évidente, que la réforme sociale annoncée à coups de grosse caisse en 1890 était complètement enrayée, à en juger par le peu de lois insuffisantes qu'elle a produites, et que même certaines de ces lois ont été revisèes depuis dans le sens d'un recul; c'est le cas, par exemple, de la loi sur le repos du dimanche. La protection réclamée par les ouvriers leur est refusée, dans l'intérêt de

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