La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

LE PARTI SOCIALISTE ALLEMAXD E~ 1895 en éditant une feuille rnlante dans laquelle il réclame l\:galité juridique pour les femmes, et, dans cc but, le droit de suffrage universd et din;ct saus différl!nce de scxc. 180,000 exemplairl!s de cette feuille furent répandus. Les soins paternels de l'administration s'étendent jusqu'aux enfants. Le ministre saxon de l'intérieur interdit la présence des enfants d.rns les fêtes d'associations politiques ou religieuses. Les enfants ne doi1·ent plus être tolérés dans les excursions :\ b c.1mpag11e, ni dans les cortèges de ces associations. li est à peine besoin de faire remarquer que toutes ces interdictions ne sont appliquées qu'au parti socialiste. Toutes ces chicanes n'étaient que les avant-coureurs de mesures plus sévères. D.rns le procès d'Essen, un certain nombre de mineurs furent coml.tmnés à un total de dix-huit anm:es de travaux forcés, soi-disant pour parjure. Leurs dépositions, dans un procès pénal sans imporuncc, al',1ient été contredites par un témoin. Immédiatement, ils furent accusés de parjure par le.: procureur général. Cc nugistr,1: allégua que des deux dépositions, toute preuve de la véracité de l'une ou di.! l'autre faisant défaut, celle des socialistes était nt'.:cessairement fausse pour cette seule raison qu'ils étaient socialistes; c'est :i la suitl! de cc raisonnement lumineux de simplicité que nos canurades furent condamnés par le tribunal. Il y eut mieux encore. Quelque ingénieux juriste décounit un nouveau genre di.! délit, tout de suite baptist'.: d'un nom latin, le do/us ci•eulun/is. Il di:counit que la loi permet de poursui ne, non seulement les personnes qui ont commis un délit, mais aussi celles dont ks paroles ou les t'.:crits pourraient êm: compris dans un sens dt'.:lictueux par leurs lecteurs ou leurs auditeurs. C'est grâce a cette nou\'i:lle interprétation de la loi que les procés de lèse-majesté et d'outrage à la police tombèrent drus comme grêle sur les socialistes. ~on s~ulemcnt toute une série de rédacteurs furent condamnés à des peines de trois mois :i un an de prison, entre autres Liebknecht, un l'ieillanl de jO ans, mais aussi des écri,·.1ins et des sannts éminents des p,1rtis bourgeois furent accusés de lèse-majesté, Tel fut le sort du professeur Delbrück, le tres conserrnteur directeur des Preussiscbc Jabrbiïcber (les Annales prussiennes), la Revue des Dmx }.1011dcs allemande, et de ~!Jôrstcr, le rédacteur de la ElbiscbeCu/111r, une rernc de morale libre. Cc dernier, fils du ct'.:IC::braestronome directeur de l'obsnvatoire de Berlin, fut condamné à trois mois de forteresse. Les perquisitions, les dissolutions de réunions, les confiscations de journaux, dont le parti socialiste fut Yictime pendant l'année dernière, sont trop nombreuses pour poul'oir être contées en dt'.:tail. Pour donner une idée des condamnations prononcées pour cause politique,

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