LA REVUE SOCIALISTE Les autres décisions co11cernaicnt la presse, l'organisation du parti, l'activitc de la di:putation au Reichstag, ainsi que les affaires courantes et les questions de tactique traitées à nOU\'Caudans chaque congres. Deux conflits occupaient les esprits, tandis que les délcgués du prolétariat allemand étaient réunis :\ francfort. L'un, de nature politique, était la lutte contre le projet de loi sur les menées subwrsiYes ; nous remportâmes sur ce point un succes éclatant. )fous rc\'iendrons sur cette affaire, la plus importante pour le progrés qu'ait traitée notre Parlement, à propos de l'action parlementaire de la députation socialiste. L'autre conflit, de nature économique, était la mise à l'index des grandes brasseries berlinoises par les ouvriers de cette \'ille. Les lecteurs de la RevueSocialiste se souYienncnt encore du résultat: huit mois de lutte aboutirent à un c.:omprornis honorable pour les ouvriers. L'organisation capitaliste dut céder devant l'organisation prolctaricnne. Ces messieurs du syndicat des proprictaires de l)rasserie n'oseront plus désormais appeler leurs ou\'riers en clump clos. Dans un État organisé comme l'Allemagne, toute lutte économique est en même temps une lutte politique. En effet, deux facteurs rendent difficile la lutte économique: une législation rétrograde et l'arbitraire des organes administratifs. Ces facteurs opposent, en général, tant d'obstacles à la propagande qu'ils rendraient toute agitation impossible, si le tort matériel fait au parti n'était amplement compensé par le redoublement d'énergie n'.:Yolutionnaire qu'ils prO\'oquent dans les classes populaires. En 1895, le gou\·ernement impcrial a cru devoir inaugurer une nouYClle politique contre le socialisme. Son premier assaut, la proposition d'une loi contre les menées subvcrsi\'Cs, ayant mal réussi, il cherch.i dans de Yieilles lois depuis longtemps inappliquées et dans une interprétation nouvelle des lois en Yigueur, les armes qu'il lui fallait pour une nouYclle entreprise. La longue liste des persécutions officielles a comnu:ncé par la dissolution du comité d'agitation des associations de femmes socialistes (Fraue11\'creine) .. \ cette dissolution s'ajouta bientôt celle des associations féminines ellcs-mèmes. En BaYière, les assemblées populaires auxquelles les femmes assistent sont immédiatement dissoutes. Ces actes furent provoqués, au dire de l'administration, par ce fait que les femmes prenaient une part actiYe à la politique. Or, d'aprcs la loi, il est interdit aux femmes d'appartenir à des associations dont le caractüc politique est éYidcnt. Il leur est également interdit de prendre part à des assemblées où sont traités des sujets politiques. Le comité directeur du parti socialiste a répondu à ces poursuites
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