118 LA REVUE SOCIALISTE Paris par l'armée J'Hilpéric est trop froidement traitée, l'instrumentation est terne et incolore (page 42 de la partition); dans la première entrevue de Frédégonde et de Brunnchildc, la triomphante et la vaincue (pages 52 et suiv.), les Yoix et l'orchestre rendent insuffisamment les colères contenues et les emportements dissimulés des personnages; Je granJ hymne guerrier qui termine le troisième acte (pages 190 et suiv.) manque, sinon clc grandeur, du moins de couleur, de Yariété, d'émotion. ;11ais on rencontre, au cours de la partition, maints passages agréables et dignes d'intérêt : Melodies empreintes d'élégance et de charme : la sccnc d'amour entre i\lérowig et Brunnchilde (pages 104 et suiv.); la belle déclaration Yoluptucusc J'Hilpéric ù Frédégonde (page 237); et, çà et là, de courtes et jolies phrases, fleuries d'harmonieuse émotion (pages 80, 132, r39). Dessins d'orchestre distingués et colorés : la ritournelle très marquée qui souligne le caractère impératif de l'orJre donné à i\lérowig par son pi!rc (page 91); Je joyeux chœur de bie1wenuc aux glorieux époux (pages 180 et suiv.); l'accompagnement des astucieuses insinuations de Frcdégonde aupn;s d'Hilpé.ric dans le grand duo du troisième acte (pages 2.p et suiv.); au dernier acte, l'allegro animato (page 291), ou les puissantes gammes enharmoniques des basses martèlent le rythme syncop~ des autres parties. Harmonies sonores et intéressantes : l'entrée et l'arioso de Prétcxtat (page I 50); la délicate marche nuptiale (page 166); au cinquième acte, l'andantino mystérieux du prcludc (page 261), et la majestueuse entrée du roi (pages 279 et suiv.). L'interprétation n'est que convenable. Mlle Lafargue est douée d'un organe limpide et agrcable, mais clic interprète le personnage de Brunnchildc sans âme et sans passion. Bonne chanteuse? Si YOus YOulcz. Artiste? Non. Je préfère Mm•Région qui, à une fort belle YOix, JOlllt certaines qualités de diction. Mais, hélas! clic non plus n'est pas un tempérament . .\L Renaud a fort bien chanté le rôle d'Hilpéric; M. Alvarez n'est que suffisant dans celui de Mérowig. Les décors sont superbes, somptueuse reconstitution de cc siècle Yiolcnt dont le pittoresque peut impressionner l'artiste, mais dont. la triste férocité épouvante l'homme de cœur. HENRI HOLLE\'ILLE.
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