La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

108 LA REVUE SOCIALISTE paraît souvent plus séduisant en théorie qu'.cn pratique », nous reproche d'être des " pamphli'.:taircs railleurs et injurieux »; notre doctrine est, scion lui," mêlée à des récriminations au-dessus desquelles la Yéritablc science paraissait planer jusqu'à cc jour »; puis, il nous donne des conseils : « Si la Revuesocialiste, dit-il, veut rester digne de Benoit Malon et des préoccupations idcalistcs dont clic a quelquefois fait preuYc, il faudra qu'elle renonce aux polémiques de personnes, comme elle en a menées c9ntrc plusieurs ministres de cc temps et que, par contre, ellerelire le qualijicatifd'amis à ceux qu'elle ne mentionne que pour dire qu'ils ont défendu et glorifié la Commune. » (Lisez : les Députés socialistes belges). Suit, en deux pages, une« réfutation » du socialisme, à propos des articles de Jaures, une ingcnicuse critique basée sur ces deux arguments puissants et neufs : « L'épargne perdrait la plus grande partie de son utilité, le jour où il ne serait plus possible de l'affecter à des placements productifs. Il faut tenir compte de l'égoïsme et de l'insuborllination qui fout le fo11d de la nature humaine. » Nous laisserons de coté la dialectique de M. Faucher, son opinion nous importe peu; mais nous tenons à marquer notre étonnement de la façon dont il la manifeste. La REYUE IXTERXATIOXAI.E ni. SocJOLOGIE est, dit-clic, une publication purement scientifique.' Cela semble signifier qu'elle a pour but l'étude approfondie et impartiale des problcmcs sociaux et de leurs diverses solutions, qu'elle doit exposer sans passion les diverses doctrines, s'intcresser à tous les systcmes, tenir ses lecteurs au courant de la marche des idées, leur fournir les moyens de se former une opinion. Serait-cc l'influence des discours de M. Léon Say? \'oilà qu'elle oublie son caractcre doctoral, laisse là sa graYité, pose sa robe et sa toque, saute de sa chaire et retrousse ses manches. La race des poctcs n'est point la seule irritable : les sociologues de métier ont le sang prompt. Il convient de les rappeler :iu respect de leur propre caractcrc. Puis, que nous rcprochc-t-on ? D'avoir une opinion ? de la crier bien haut? d'attaquer des ministres? de rcclamcr la nationalisation du sol? de respecter la mémoire de ceux qui combattirent pour la Commune? .\fais n'est-cc point là le strict devoir d'une revue socialiste et quelle raison d'être .1urait-cllc, si tous ses collaborateurs ne se dévouaient à cette tâche ? Georges Renard a cn\"oyé au directeur de cette dernière Revue la lettre suh·a.nte, qu'elle a insérée dans son numéro de décembre : • :\lonsieur Je directeur, « Je ,·ous prie d'effacer de la. liste de vos coll:iboratcurs mon nom que j'y avais maintenu sur votre demande formelle. Je ne s1urais être :i fa fois directeur de IJ. RevueSoûaliste et collaborateur d'un recueil oti cette Revue a été appréciée d'une façon qui me paraitmanquer de mesure et d'équité. « Agréez, je vous prie, l'assurance de mes sentiments distingués. G. R. »

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