La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

106 !.A REVUE SOCIALISTE paierez vos bottines le double plus cher. Cela vous aidera à comprendre le danger de la possession individuelle des moyens de :production et des matières premières. Nous ne parlerons que pour mémoire des diverses questions, interpellations relatives à l'imbroglio Arton-Dupas-Ribot. L'austère Ribot et l'honnête homme de province à Paris, Loubet, semblent cette fois-ci bien près d'être convaincus d'avoir menti à plusieurs reprises, mais il est Yrai que le mensonge politique n'est point trcs lourd sur la conscience - surtout quand on l'a pratiqué pour la cause sacrée de l'opportunisme. Cc dernier, édition algérienne, vient de subir, après tant d'autres, un rude assaut. ViYiani et Millerand ont raconté le régime de brigandage qui règne, sous le sourire encourageant des préfets, dans notre grande colonie africaine. Juifs usuriers, sauterelles, politiciens opportunistes- trois fléaux- le dernier est pire. Cette terre est desséchée et ravagée par ces trois formes de parasitisme. A cet égard, l'histoire des phosphates est merveilleuse. Il faut la lire pour comprendre qu'on ne doit pas làcher sans mu~elière, loin d'une surveillance assidue, des fonctionnaires recommandés par Étienne ou Thompson, ou des maires comme Bertagna. Espérons que la lumière éclatante, faite aujourd'hui ~ur les actes de la bande, donnera au gouvernement assez d'énergie pour agir. Il nous semble, en effet, qu'après quelques actes de bravoure ou de haute réclame, M. Bourgeois se laisse aller peu à peu à la décevante illusion de désarmer le centre. Il semble moins désireux de satisfaire les groupes avancés. Radical dès l'abord, il tourne, peu à peu, aux fadeurs de la concentration. La main qui gouverne devient molle. Doux, le préfet dictatorial du Tarn n'est point mis en disponibilite, mais envoyé à Tulle en disgràce. Sée, préfet de la Haute-Vienne, qui a publié une lettre scandaleuse contre le gouvernement, à propos de je ne sais quelle mesure de dcfavcur prise contre lui, n'est point rc,·oqué. Bertagna, l'habile Algérien, n'est suspendu de ses fonctions de maire qu'après le gros scandale de l'interpellation sur l'affaire d~s phosphates. Bertrand, le scandaleux procureur d'Albi, requiert toujours contre les honnêtes gens et contre les républicains. Contre ces gcnslà, contre tous les tripoteurs et tous les réactionnaires, pratiquez, M. Bourgeois, la politique du poi11gfermé et non pas celle de la 111ai11 te11d11e. Vous vous en trouverez bien. Docteur A. DEL0'.)1.

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