La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

88 LA RE\'UE SOCIALISTE par les affaires véreuses que ces journaux prônent. Pour concréter par un fait, il nous suffirait de lui demander s'il considère que celui de ses directeurs qui a touché 1,400,000 fr. au Panama a amassé un pécule légitime et s'il croit, dans son for intérieur, que la justice serait lésée le jour où les socialistes demanderaient le remboursement de cette « éparcYne » comme ils demandent le remboursement des concessions b ' et des monopoles ?... Nous pourrions lui demander également ..... A quoi bon énumérer les questions indiscrt:tes de toute nature que nous serions en droit de -poser à ceux de nos adYersaires qui franchissent visiblement les limites que les convenances d'une discussion de bonne foi imposent à un écriYain sérieux ? J'ai youlu seulement donner un exemple des termes dont on se sert à notre égard, et montrer, en même temps, le danger qu'il peut y aYoir, pour une rcyue comme l'Eco110111ifsrtaençais, à accueillir dans ses colonnes de si étranges imputations. Ceci dit, comme je ne Yeux pas quitter l'Eco110111iste sur ces obscrYations un peu Yives, je signale aux lecteurs de la Revue socialiste, qui seraient en état de profiter du renseignement fourni par notre confrère, un placement de père de famille, une Yaleur « de tout repos », comme disent les réclames des journaux quotidiens. L'opération ctant considérée:, par les organes de l'opinion de M. Leroy-Beaulieu, comme une pratique de bienfaisance priYée, de nature à enrayer les progrcs du socialisme, en consacrant le capital au sen:ice des tra-\'ailleurs, il y a, on le voit, tout profit à l'entreprendre. Voici en quoi elle consiste : Il y a sept ans, il s'est fondé, à Lyon, une société anonyme des Logements économiques, à la tête de laquelle on Yoit figurer tous les • philanthropes du département, entre autres, M. Aynard, député du Rhône, qui a parfois opposé ses conceptions prévoyantes aux utopies collcctiYistes. Le compte rendu du fonctionnement de cette société pendant l'année 1893 nous apprend, sans nous étonner outre mesure, que les action'naircs de cette entreprise n'ont pas à se féliciter seulement d'ayoir contribue à un but social trcs noble, mais qu'ils pcuYent encore se réjouir des résultats purement positifs obtenus. L' lco110111is!e nous dit, en effet, que le capital social était de deux millions, sur lesquels les actionnaires ont dù ne Yerser que 1,500,000 francs, car nous ,·oyons figurer à l'actif une somme de 493,700 francs, sous cette rubrique : « Solde dû par les actionnaires. » Eh bien! en 1893, le produit net des locations (déduction faite de toutes les charges d'entretien, de réparations, etc.), a etc de 95,000 francs. Le taux de l'argent placé dans cette association charitable ressort donc à 6. 33 °/ 0 • Le prix normal de l'intérêt ctant de 3 °/ o sur le marche financier, on YOit

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