LA REVUE SOCIALISTE Le tcrrianismc ne se pose ni en adYcrsairc, ni en concurrent ou remplaçant d'aucune école socialiste, puisque, on Fa YU, il fait figurer sur son programme les principales rcYc11dications sociales qui ont obtenu l'assentiment de la plupart des socialistes : Droit au traYail et a l'assistance, droit a la propriété, droit d'association. Impôt progressif sur la richesse et non sur la misère, caisse de retraite et d'assurance, minimum des salaires, maximum des heures de traYail, la femme i la maison, l'enfant a l'école et non a l'usine, etc., et comme moyen : la représentation professionnelle. Il SC borne a dire a toutes les écoles, a tous les réformateurs: quelle que soit la perfection de l'édifice social que Yous Youlez éleYer il sera sans solidité, sans durée, si YOUSne le faites reposer sur la prospérité de la terre. Le tcrrianismc n'attaque qu'un seul ennemi: l'éco110111is111e (r), sans lequel la féodalité financière ne serait jamais parvenue au degré de puissance qu'elle a acquise de nos jours, puissance qui ne pourra être efficacement combattue que par l'union de tous les gens honnêtes et intelligents, sans distinction d'école socialiste, d'opinion politique, rcl-igicuse ou autre. Quoiq uc les tcrrianistcs aient pris pour deYise : Toul pour l'agric11lt11rqeu, i est la 111èr1e10111Ticidèeres 1/(l/io11s, Et pour les travailleurs, qui w so11tles pères 110111.,-iciers, ils ne Yeulcnt nuire en rien aux autres branches de la richesse nationale; mais, au contraire, leur procurer une prospérité réelle et durable qu'elles ont perdu depuis longtemps. Sur les conseils des économistes et sans souci de la solidarité sociale, l'industrie manufacturicrc a étayé ses bénéfices sur la ruine de l'agriculture et le pressurage sans frein de ses ouvriers. On YOit, aujourd'hui, qu'elle a fait fausse route, puisque cc systcmc, s'il a enrichi démesurément quelques capitalistes, a ruiné la nation, qui ne Yit plus que sur l'emprunt. Les Chinois, qui ont été de tout temps terrianistes, disent, avec leur admirable bon sens pratique: cc La prospérité nationale est comme « un arbre : l'Agriculture en est la racine, !'Industrie et le Commerce « en sont les branches et les feuilles • si la racine Yicnt à souffrir les , ' << feuilles tombent, les branches se desscchent et l'arbre meurt. » fa;G. DE MASQUARD. Saint-Césaire-les-Nîmes, mai 1894. (r) C'est avec le plus grand plaisir que les terrianistes ont lu dans le numéro de fénier de la Rel'ue Socialiste l'excellent article : Co11jo11clioC1a1pitaliste, de Léo de l'étudiant socialiste, et dont la conclusion est : La liberté a t':te le bem:au d.: la bo~rgeoisie, elle sera son tombeau.
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