La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

LE TERRIA~IS~IE OU SOCIALISME KATIOl\AL 75 trine se trouve trës heureusement resurnée par la Terre de Fra11ce du 1er avril, page 327 : LA CRISEAGRICOLE T LA QliESTION SocrALE, par M. P. Moziman. Castres, imprimerie Verdeil et Monsarat, 1894. L'auteur montre que la crise agricole est la grande cause du malaise général qui menace de bouleverser la société contemporaine. Tant que l'agriculture ne sera pas relevée, tant que l'industrialisme sera triomphant et que les charges imposées à l'une et à l'autre seront d'une révoltante in~galité, on aura btau faire, l'on ne sortira point de la crise; au contraire, elle deviendra de plus en plus aiguë et de plus en plus meurtrière. Cette petite brochure est d'une saisissante actualité, et les terrianistes feront bien de la répandre ( 1). Non seulement les terrianistes repoussent les moyens Yiolents, mais un des principaux articles de leur programme porte : « La loi païenne du plus fort, c'est-à-dire la loi du nombre, rem- « placée en tout et pour tout par la loi française de l'arbitrage, en « usage dans les anciennes communes du moyen-âge, qui aYaient admi- « rablernent compris que l'arbitrage est le seul moyen de faire triom- « pher le droit des faibles. >> Mais p0ur que les intérêts puissent être arbitrés, il faut qu'ils soient groupés et lég:i.lement réprésentés. Voilà pourquoi les terrianistes, d'accord avec les diverses écoles socialistes françaises, avec de Greef, Benoît Malon et les delcgués français au Congres de Zurich, sont convaincus de l'impuissance réformatrice du parlementarisme actuel et disent que demander à nos modernes politiciens de traYailler sérieusement à détruire les abus, les monopoles et les iniquités sociales dont ils vivent ou espérent Yine, c'est leur demander le suicide ; Que le suffrage uniYersel et le régime représentatif ne seront des Yérités que lorsqu'ils seront organisés professionnellement, non pas, comme on les en accuse, en prenant pour modèle les anciennes corporations, qui ne s'occupaient que des questions professionnelles et n'aYaient aucune influence politique, mais en prenant pour modele l'admirable organisation des célébres communes du moyen-âge, qui accordaient une juste et légitime participation dans les affaires et l'administration locale aux classes laborieuses de la cité, participation directe et effective qu'elles conserYérent pendant trois siecles, c'est-à-dire jusqu'à l'arrêt du conseil de 177 5, par lequel le despotisme des derniers Bourbons mit fin aux franchises communales (2). (1) Se trouve a la Bibliothèque-de La Rez,ue Soc.'nlisle. Prix o fr. 50 et o fr. 6o franco. (2) Voir entr'autres : Ln Démocrnlie el le Régime représentnlif, par Ad. Prins, Bruxelles, chez Mazebach.

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