REVUE DES LIVRY:5 tices ou crimes, produits de notre état' soci.-:, le petit« livret pour faire pleurer>>, dont parle Barrès dans l' E1111e1d1e1si I ois; supposez-le répandu dans toutes les bourgades, lu par tous, homme.o et femmes, petits et grands, et dites si la révolution opérée ainsi dans lc:s esprits ne serait point celle que nous préparons et qui doit changer 1.o. face du monde. Or, cet almanacl~, 11 existe depuis quatre années déjà; notre ami P. Argyriadès le fait paraître en décembre. Son dernier numéro est même presque luxueux, illustrl- d'une suite de ces merveilleux dessins que Steinlen 1donnait au C/Jaiubard(Pour 1~ texte, de bonnes pages de Allemane, Barrès, Cipriani, Fourniè~~rault-Richard, Jules Guesde, J. Jaurès, Letourneau, Rochefort, Sem bat, Vaillant, Vandervelde, A. Veber; des contes de J. Ajalbert, Geffroy, ofarbeau, G. Renard; des vers <leJ.-B. Clément, Clovis Hugues, Leconte de Lisle, Eugène Pottier, tout l'état-major de cette grande armée socialiste en marche vers un ·avenir d'espoir à la conquête de la paix, comme le disait M. G. Renard lui-même, dans un beau feuilleton de la Petite République. Et c'est bien lit le livret qu'il faut, avec ses rimes sonores, ses détails instructifs et ses touchantes anecdotes. 11est, parmi ces dernières, des faits plus actifs pour la propagande que les plus chauds appels: l'un d'eux, par exemple, que nous conte Gérault-Richar<l, la mort silencieuse, dans la nuit, de deux petits ramoneurs auxquels on a refusé l'abri. Aussi faudrait-il, n'est-ce pas, s'employer à répandre l'Al111a1,acd/Je la Question sociale, et particulièrement dans les campagnes. Malheureusement, il y a là un obstacle : le prix de la brochure est encore trop élevé. Un livre de cette sorte ne denait valoir que quelques sous. Il serait forcément moins complet, mais son action serait plus grande. N'importe, notre vaillant ami Argyriadès a encore une fois fait œuvre bonne. Une fois encore, il l'en faut remercier. * * * Les petites Religions de Paris, par Jules Bors. - Paris, Léon Chailley, 8, rue Saint-Joseph, 1894. Prix: 3 fr.• 50. Dans la religion, les fidèles viennent d'ordinaire chercher - quand ils y cherchent quelque chose - sinon pour leur esprit une philosophie facile, au moins, plus généralement, la satisfaction de certains désirs vagues, d'un sentimentalisme quelque peu sensuel et auxquels répondent les fumées de l'encens qui énervent, les harmonies de l'orgue qui font pleurer. Ce sont là des besoins de l'organisme plus que de l'intelligence et c'est pourquoi, même chez des hommes très cultivés, dominent parfois des instincts de religiosité. Toutefois, à ceux-là les joies du mysticisme vulgaire ne suffisent pas. De même que certains blasés, répugnant aux grossières excitations de l'alcool, demandent à l'éther ou à la morphine des ivresses plus profondes, il est des voluptueux d'âme qui, dédaignant les temples officiels et 11 vulgarité de leurs cultes, vont chercher dans des religions rares des extases raffinées.
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