LA REVUE SOCIALISTE Congrès 11niional scieutifique d'hygiène ouvrière. - Ci-dessous le résumé du rapport que nous avons reçu du citoyen Cochet, secrétaire de la Commission d'organisation : Le 27 octobre à 9 heures du matin a eu lieu, à !J Bourse du travail de Lyon, l'ouverture du Congrès, sous la présidence de M. le docteur Gailleton, maire de Lyon. 72 5 organisations ouvrières étaient représentées par 77 délégués; y étaient représentés individuellement 22 docteurs en médecine, r médecin-vétérinaire, 2 ingénieurs, r chimiste, 1 pharmacien, 1 architecte, des conseillers municipaux de Lyon et divers citoyens s'intéressant aux questions d'hygiène. Après le rapport de la Commission d'organisation fait• par le citoyen G. Cochet, le maire de Lyon fait le discours d'ouverture dans lequel il reconnaît que l'insuffisance de salaire conduit à la misère et à la déchéance de l'individu, et que l'assistance sous toutes ses formes, n'est qu'un palliatif qui ne peut donner un résultat désirable; il termine en déclarant que tout ce qui a été fait jusqu'à ce jour est insuffisant, que ce à quoi il fa\lt arriver c'est à la transformation complète de l'organisation du travail. Le docteur Augagneur de Lyon fait ensuite un exposé général de la première question à l'ordre du jour: la durée de la journée de travail et le chômage hebdomadaire au point de vue de l'hygiène. Dans cet exposé il déclare que le surmenage et le salaire insuffisant sont les causes déterminantes de l'alcoolisme. Le travailleur est dans l'obligation de remplacer par l'alcool (excitant factice) la nourriture substantielle qu'il ne peut se procurer. Le docteur établit un parallèle entre la machine à ,·apeur et l'homme, car, dit-il, il faut à tous deux donner la force i:ar des moyens alimentaires afin qu'ils puissent actionner le mécanisme qui leur est propre. Il en conclut que la journée de travail ne doit pas excéder pour un travailleur huit heures par jour avec un repos hebdomadaire, que le surplus ne peut que porter une atteinte très grave à l'organisme du monde du travail. Et il termine en disant que la journée de huit heures, seule, permettra le développement physique et intellectuel des travailleurs tout en assurant la prospérité et la fortune de la France. Après ce discours, qui a été accueilli par de vifs applaudissements, le docteur Grollet, de Paris, fait l'historique de la journée de huit heures, et dit qu'il y a nombre d'années que les socialistes ont demandé cette revendication, il est donc heureux de constater aujourd'hui que des hommes de science, appartenant à la bourgeoisie, leur donnent raison. Le docteur Cazeneuve, de Lyon, expose la deuxième question, concernant l'application de la loi de 1893 en faveur de la sécurité et de l'hygiène des travailleurs dans les établissements industriels. Il démontre que cette loi, quoique imparfaite, n'a presque jamais été appliquée ; il cite de nombreux cas de non-application et termine en reconnaissant la nécessité absolue de la révision de cette loi, et en attendant sa stricte e;-écution. Sur la troisième question, ~oncernant l'hygiène de l'habitation ouvrière et de l'atmosphère du travail, le docteur Roux, de Lyon, donne communication d'un long ·rapport, bien documenté, sur les logements insalubres. Ce rap-
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