RE\'UE DES REVUES 747 pagnes, qui se change en yagabondage des ,-illes, plaie bien plus terrible et plus dangereuse-, nous avons comme conséquence de l'agglomération, et aussi faute d'institutions p1{voyantes comme les Trades U11io11s, la baisse des salaires et, par suite, le paupérisme de la classe ounièrc ... Au 30 juin 1892,la population de toutes les prisons du royaume s'elevait à plus de 68,ooo detenus, et le chiffre des crimes et délits se montait la même année;\ 444,538, cc qui équivaut:\. I ,4 u par ! 00,000 habitants, chiffre supérieur, en proportion de la population, à celui des autres pays». Certes, il y a plus d'un rapprochement à faire entre le sort de ces tristes vagabonds italiens et celui dés Forçais dela G11ya11e, que nous décrit M. Paul Mimande dans la REVUE DE PARIS (numéro du r 5 novembre) : « Quand une escouade de forçats, nous dit-il, le travail du jour accompli, est cnfcn-i1éc dans sa case, les propos qui. s'échangent sont atroces et cc qui se passe est parfois si épouvantable que je n'oserais en donner une idée. C'est le moment oü l'on régie les comptes : qui hésite à hurler aYcc les loups, passe pour un mouchard et on l'assomme ; s'il .ose se plaindre, on le tue; la loi du bagne ne formule que cette peine: la mort. L'homme qui cherche à s'isoler est regarde de travers, même par ks surYcillants; c'est un sournois qu'on ne manquera pas de punir séYèrcmcnt, des la. prcmicre infraction au règlement. Dans cette cellule, le malheureux songera tout seul à cc qui l'attend, après tous ses efforts pour se garer de la pourriture morale ... « L'intérieur des cases est aussi simple que peu confortable. Le sol n'en est pas bitumé, ni même carrele; on le balaie de temps en temps, mais cela ne dérange guère les puces, punaises et t11//iquanti qui y ont élu domicile. Deux rangées de ,hamacs très sales, déchirés pour la plupart, laissent libre un couloir au fond duquel un buenretiro par trop primitif répand une odeur hdrrible et qui est très dangereuse. Cela seul doit constituer un véritable supplice ». M. Mimande, un peu plus ·loin, nous parle même d'une visite qu'il fit à l'ile du Diable, oü sont parqués les lépreux assez nombreux dans la colonie. C'est là un récit peu dramatique à la vérité, mais qui laisse la plus douloureuse impression. N'est-il pas déjà assez de mal au monde pour que les hommes s'ingénient ainsi à en créer? * * * Dans la REVUED'ARTDRAMATIQU(nEuméro du 25 noYembre), il faut signaler une fort curieuse étude de M. Paul Peltier, sur l'Ami des Lois: Une pièceinterdite sous la Révolution. PAUL LAGARDE.
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