LA MÉTHODE MATHÉMATIQUE 717 psychologie contemporaine. La psychologie a quelque ressemblance avec la physiologie. cc De même que l'une construit le corps avec des fibres, l'autre construit l'esprit avec des séries de représentations », dit Herbart. Il est ennemi de l'hypothèse de facultés spéciales de sentir, de penser, de dcsircr. Ce sont toujours les mêmes représentations simples, diversement combinées qui produisent tous les phénoménes psychiques. Les représentations les plus simples sont les perceptio!1s ; elles sont de diverses classes, telles que les couleurs, les sons, les formes, etc. D'après Herbart, les représentations sont des forces qui luttent entre elles. Supposez, dit-il, qu'un homme vous parle une ·langue inconnt1c; vous remarquerez que chaque mot sort aussitôt de Yotre mémoire. Les perceptions produites en vous par ces divers sons ont donc la propriété de se chasser les unes les autres. Tous les états de conscience sont des forces qui sont en lutte continuelle; il en résulte que la tâche de la psychologie consistera à établir une statique et une dynamique de l'esprit, c'est-à-dire les représentations en état d'équilibre et de mouvement. D'autre part, il faut remarquer que les représentations sont plus fortes 011 plus faibles; elles ont une valeur quantita.tive qui est variable, à saYoir : le degré d'intensité, de force, de clarté. Elles présentent donc un caractérc mathématique qu'on doit essayer d'analyser mathématiquement. Il est vrai que les représentations sont des quantités Yariables, qu'il est difficile de mesurer et qui ne peuvent être évaluées que d'une manicre incomplctc. Mais l'analyse infinitésimale pe1:met justement de calculer les rapports entre des quantités indéterminées. Quand des représentations sont en état d'opposition, elles perdent un certain q1tantum de leur intensité, c'est ce que Herbart appelle l'arrêt de la représentation. Cet arrêt les fait passer de l'état réel à l\:tat de simple tendance, c'est-à-dire dn consciwt à l'i11co11scient. Elles reviennent à l'état réel, mais en passant par un point statique que Herbart appelle ccle seuil de la conscience ». C'est le point ou l'intensité de la représentation peut être considérée comme égale ;\ zéro. Lorsqu'une représentation franchit le seuil de la conscience et s'él<'.:veau-de~sus, il se prod'uit un état qui s'appelle un acte intellectuel; si elle est, au contraire, refoulée au-dessous du seuil, l'acte intellectuel cesse. Mais il peut se présenter un autre cas; supposons qu'une représentation existe dans la conscience ; si deux autres, de force égale et contraire, tendent, l'une à la refouler, l'autre à l'élever, , il se produit un état d'équilibre. Cet état, qui résulte d'un rapport entre les représentations, produit un sentiment.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==