La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE L'Union sociale, dit la brochure de propagande, fut un acte essentiellement socialiste. SausJaire e11freren ligue de co111ptoeut ce qui a trait aux iutérétspuremml politiquesdn Parti socialiste, restant sur le terrain des avantages coopératifs, il est certain que les établissements comme ceux de la Mannite doi,·ent rencontrer, à l'heure actuelle, l'adhésion des travailleurs ... . . . La nourriture, dans les établissements publics, est ou trés chère ou absolument mauvaise ; telle, dans ces restaurants populaires .aux prix réduits, mais oü les aliments sont de qualités inférieures ei: mal préparés. Malgré cela, les restaurants populaires, éublissements de pure spéculation, voient affluer vers eux une clientéle de plus en plus élevée ; car ils rendent, en dépit de leur alimentation défectueuse, de réels services à la population ouHiére ... . . . Dans chaque quartier de Paris et de sa périphérie, un groupe au moins peut être constitué et se développera en pleine prospérité. C'est alors que pourra se résoudre d'une façon sûre et pratique la question de la boulangerie. Car cette question de la boulangcr:c, résolue par quelques coopératives . en fa\'cur d'une diminution de cinq centimes par kilogramme de pain, renferme en elle-même une question d'une bien autre importance : celle de la meunerie et de l'approvisionnement direct du blé chez le producteur. Loin de s'exclure, ces deux programmes se complétent, l'un rappelant le passe et precisant le présent, l'autre traçant le chemin Yers le rayonnant avenir. i\fais tous deux oublient que, pour faire les premiers pas dans la Yoie, au bout de laquelle nous apercevons le but si désirable de la suppression de l'exploitation de l'homme par l'homme, les •promoteurs de l'Association alimentaire grenobloise ont éte soutenus, appuyes, aides, subventionnes par toute la municipalité de la ville de Grenoble. C'est là, à notre humble aYis, le principal facteur du succés. Certes, l'on peut réussir sans lui - l'exemple de Varlin a surgi juste à point pour le demontrcr - mais, outre que le concours pecuniaire des elus de la ville eYite les longues quêtes prealables, leur appui moral, leur surveillance effective rassure les societaires, qui se sentent garantis par ces individualites mandatées contre les cyniques exploitations que pourraient faire et que ne manqueront sans doute pas de tenter des aigrefins, aussi depourvus de scrupules et d'honnêtete que de mandat. C'est donc à la ville de Paris qu'il appartiendrait de prendre l'initiati,·c de la creation des associations alimentaires parisiennes. L'organisation pourrait s'en faire progressivement, sans grands fràis et pour ainsi dire sans risques, en débutant par quatre ou cinq refcctoircs, etablis, par exemple, un dans le troisième ou le quatrième, un dans le

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