• PUVIS DE CHAVANNES II Voulez-vous encore, sans quitter la Sorbonne, Yous mettre en contact avec le génie de composition de l'artiste? Ce sera au grand amphithéâtre, devant la grande composition divisée en trois parties, qui revêt la muraille de l'hémicycle. Puvis de Chavannes a considéré qu'il était appelé a décorer un monument élevé aux Lettres, ;\ la Science, a la Philosophie et a !'Histoire, et il a cherché à rendre cet hommage visible d'une manière absolue, et par des formules pour ainsi dire élémentaires. Il a cherché l'unité de sa composition, e~ il s'est refusé a faire vivre sur la même scène les fondateurs de la Sorbonne du treizième siècle, les reconstructeurs du dix-septième siècle, les professeurs et les étudiants d'au- . jourd'hui. Il n'a pas davantage voulu choisir exclusivement entre les époques, et ses réflexions se sont trouvées d'accord avec ses préférences esthétiques pour lui faire représenter son dessein par des groupes, espacés dans un paysage, et composés de femmes, de vieillards, de jeunes gens, nus ou couYe.rts de draperies et de légers voiles. Tont cc qui peut être demandé a celui qui a conçu et exécuté une telle fresque, c'est que chaque partie de son travail soit claire par ellemême, n'ait pas besoin des dissertations d'une notice. Cette condition essentielle n'est peu,t-être pas complètement réalisée dans tous ses détails, Înais du moins l'est-elle dans les figures principales, dans les groupes qui commandent la composition. Ainsi, tout le monde reconnaîtra a prcmiére vue que la Sorbonne du moyen-ttge est personnifiée par la femme de physionomie et d'attitude archaïques, qui est assise sur un bloc de pierre. De même, l'Èloqucncc se révèle en cette autre femme, debout, qui parle pour plaider une cause ou célébrer un effort. De même, les jeunes gens e~ le vieillard qui boivent à la source, les feunes gens exhumant les armes et les objets d'art, les jeunes gens qui étudient, les femmes qui tiennent en leurs mains des minéraux, des végétaux, des coquillages. Ce qui apparaît plus compliqué, c'est le compartiment réservé à la Philosophie et à !'Histoire. Là, les expressions et les gestes ne sont pas suffisamment explicites, l'écueil de l'allégorie se révèle, et aussi la possibilité d'un art décoratif qui donnerait à contempler ses généralisations par telles circonstances caractéristiques de notre vie. Cet art la a déjà. existé, peut exister encore, et on en trouverait de_sprèuves ch_ezl'artiste même qui est en question ici. Ce sont la quelques premières et rapides remarques sur les aspects qe l'œuvre de Puvis de Chavannes. Un second article essaiera de préciser la tendance d'esprit de l1artiste ~t la signification de son art. GUSTAVE GEFFROY.
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