RÉFORMES AGRAIRES • aux lois de l'évolution tout comme les autres faits, on ne sortira pas d'embarras. Les abus et les erreurs des grandes propriétés prin\es furent jadis pour Athènes et pour Rome les signes de la decadencc finale. Dans les sociétés modernes issues des dures traditions judaïques et du féroce droit romain, la transformation du droit de propriété est devenue ini.':vitable, parce que, politiquement, économiquement et moralement, elle ~st deYcnue nécessaire. Si l'on yeut éviter les violences rérnlutionnaires et les guerres ci,·iles, il est temps de se mettre à l'œune pour modifier graduellement par les moyens légaux et par les voies pacifiques une forme trop égoïste de la proprii.':té. La question sociale ou les questions sociales, les problémcs troublants de la sociologie, les désirs vagues ou précis de reformes profondes, tout le socialisme en un mot se trouve contenu dans l'idée de transformation du droit de propriété. Est-cc à dire que l'appropriation personnelle des valeurs mobiliercs et immobilières doive être don'.:navant condamnec pour faire place à l'organisation d'une société communautaire dans laquelle l'exploitation des propriétés et la répartition des richesses seraient réglées par les agents d'un pouYoir providentiel? Pas precisément. Dans l'intérêt commun, quelles doivent être les limites extrêmes de la propriété indi,·iduelle et quelle part faut-il faire aux propril'.:tés collectives d'attributio11 syndicale, communale ou nationale ? Telles sont les questions qu'il est bon d'examiner, non d'aprcs les suggestions d'un idéal rhé, mais d'aprcs l'étude des formes déja rcalisées de la propriété terrienne sur divers points du globe. Les hommes qui luttent, qui souffrent et qui pensent depuis tant de siccles, doivent naisemblablement avoir déjà fait l'essai de tous les partages individuels possibles et de toutes les appropriations communautaires imaginables. Qui donc pourrait se flatter d'avoir une idl'.:enouvelle pour cc qui fut l'objet des préoccupations constantes des philosophes et des législateurs? Il n'y a qu'à bien choisir parmi les expériences faites dans le passé et parmi les exemples que les autres civilisations offrent actuellement aux nations, dites chrétiennes, restccs inférieures à tant d'égards. Adaptées pour des milieux nouYeaux, les méthodes anciennes ne seront pas. appliquées de la même façon. Tout est recommc!1ccment dans la nature ; mais les recommencements varient a l'infini. Les reprl'.:scntants du peuple français, constitués en Assemblée nationale, qui votcrent en 1789 _les dispositions fondamentales garan-
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