LA REVUE SOCIALISTE REVUE DES LIVRES F. PILLON L'Année philosophique, 4m• année, 1893, r ,·ol. in-8°, r 894, 3 r 6 pages, 5 fr. - Chez Alcan, Paris. En décembre 1889, la Critique pbilosophique, publiée sous la direction de M. Charles Renouvier avec MM. Pillon et Dauriac pour principaux collaborateurs, cessa de paraître. Elle avait, pendant dix-huit ans, rendu d'éminents services. Dés 1891, M. Pillon, suppléant, dans la mesure du possible, au· défaut d_c b Revue, donnait la suite d'une série d'ouvrages, interrompue depuis 1869, et, sous le titre de l'A1111épehilosophique, continuait à nous présenter l'opinion d'une doctrine sur les questions posées et résolues, au nom de principes divers, par des écrivains venus de tous les points de l'horizon mental. La deuxième et la troisième année n'ont pas offert moins d'intérêt que la première. La quatrième tient les promesses des précédentes. Elle comprend trois articles importants, dûs à MM. Renouvier, Dauriac et Pillon, et un compte rendu de l'année 1893. I. M. Renou\·ier entreprend de déterminer les caractères essentiels de la doctrine de Jésus et de fixer la limite du christianisme primitif, au-delà de laquelle commence cette « longue période de corruption que nulle religion au monde n'a pu éviter ; » mals il déclare que les résultats de la critique <lu nouveau testament n'autorisent que des conclusions probables sur un hommt:: et un événement ignorés alors du monde civilisé. Il examine d'abord la partie poétique des évangiles, qui présente un double problème à résoudre : Jlsus a-t-il fait des miracles? Jésus a-t-il cru en faire? Il n'est pas possible de prouver par la voie directe de l'expérience que Jésus n'a point fait de miracles; mais il est possible d'en fournir la preuve indirecte en expliquant la croyance à des faits de cc genre. Elle a pour cause une disposition mentale dont on a des manifestations journalières dans l'état « d'irréflexion et d'inculture rationnelle de l'esprit ». Cette disposition a été portée à son comble, sans aucun doute, « à une époque d'exaltat_ion religieuse ou l'on attendait la venue d'un envoyé de Dieu, qui déploierait pour signe d1: la réalité de sa mission le pouvoir, à lui conféré par Dieu, d'intervenir par des actes de volont6 dans les phénomènes naturels et d'en changer le cours. »
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