606 LA REVUE SOCIALISTE d'enseigne ou d'écriteau. Cela rappelle un peu les flamboyants homards peints sur ladeYanturc des restaurants à 18 sous! M. Codct, rapporteur, a cru rcpondre par une conférence sur les banques allemandes Schultzc-Dclitzsch. Jaures prend la parole et prouve aYcc une logique impérieuse qu'il n'y a rien dans la loi, mais il la Yotcra « afin de permettre rapide~ent aux paysans la Ycrification « expérimentale de la vanitc de YOSréformes et de l'inefficacité de \'OS conceptions ». Il paraît quc cette loi est le premier acte de la grande croisade contre le socialisme agraire. Mais, dit Jaurès, je constate que pour résister à l'iiwasion des doctrines collcctiYistcs que \'OUS qualifiez d'allemandes à cause de K. Marx, Yous Yous proposez à la Chambre l'adoption de certaines institutions allemandes. AYoucz donc que cc n'est là qu'une sotte querelle. Ces banques en Allemagne sont rcstccs sans effet sur le déYeloppcment du socialisme. Fondées en yuc d'aider l'artisan et le petit industriel, elll!s n'ont pu les sauYer de la concurrence menaçante de la grande industrie. Institutions de transition, leur rôle a été nul sur l'holution économique ; clics adoucissent simplement la rudesse de certaines transformations. Le principe de la responsabilité illimitée des adhérents leur donne une force quc les nôtres n'auront pas et cependant leur impuissance au point de vue agricole est presque complète: sur 561,000 clients, on ne compte que "170,000 agriculteurs, la plupart propriétaires aisés et seulement 14,000 cultiYatcurs non propriétaires. Elles ne font donc pas pénétrer le crédit jusqu'au fond de la démocratie rurale, elles scrYcnt seulement aux possesseurs moyens. C'est une institution capitaliste purement et simplement. Mais Jaurés nous en apprend de belles sur leur compte. Il parait qu'elles perdent leur caractère de crédit personnel et mutuel pour se transformer en sociétés de crédit foncier rapportant un diYidcnde qui Yaric de 6 °/0 à 35 °/o, Cela explique l'admiration de la bourgeoisie opportuniste. Jâurés a heureusement dégonflé le fétiche en baudruche auprès duquel MM. les économistes nous aYaient introduit aYcc des gestes de mystérieuse admiration. Le capitalisme agricole Ycnait d'être malmené. Le doux M. Méline s'est leYé pour le défendre. Il a parlé de l'usure qui ravage les campagnes, sans songer que la loi nom·clle qui ne limite pas le taux de l'intérêt ne modifierait peut-être que la forme de_l'usure. Il a reproche aux socialistes de critiquer sans prescnter aucune proposition pratique et affirmé que le déYeloppcmcnt de la mutualité agricole serait le contre-poison du socialisme agraire. Comment, s'est écrié Jaurès, Yous oubliez le discours de Millerand, demandant la nationalisation de la Banque de France; de façon à pouYoir organiser le crédit à bon marché pour les industriels et les agriculteurs ? Et la proposition de dégrèYcment de l'impôt foncier au
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