LA q_UESTION SOCIALE DEVANT LES CORPS ÉLUS 605 respect pour elle est sacré! - Tout cela n'est plus que Yétille, parce qu'il faudrait châtier ces hauts et puissants seigneurs de la République papale, de Mun, de Mackau, de Breteuil, etc. Il y aurait une solutioQ : l'amnistie; mais M. Dupuy la repousse parce que Rochefort n'admire pas les puissantes conceptions de M. Dupuy et qu'il est peu aimable à l'égard du président de la République. Voilà certainement des raisonnements logiques et élevés. L'aigle de la place Beauyeau manque décidément un peu d'cnYcrgure. Justifier une opinion ou une doctrine politique par des raisons tirées de l'intérêt général supposé ou réel, c'est Yieux jeu mais plus difficile. Repousser l'amnistie parce que Rochefort, comme dirait M. Denis, l'ami des courses i l'Espagnolc, YOUSpique de banderilles acérées, Yoilà qui est simple, facile et à la portée de tout le monde. Conclusion : Rochefort expiera dans l'exil le crime d'avoir voulu rc1werser la République, tandis que MM. de Mun et de Mackau, ces vieux rcpublicains, jouiront auprès du ministère républicain d'une juste considération. Laissons les anciens amis de Gambetta à leurs ambrassadcs cléricales et Yoyons la manifestation de leur génie réformateur dans les questions pratiques, comme ils disent. A ce sujet, la discussion sur la loi tronquée, rclatiYc au crédit agricole ne manque pas de charmes. M. Lacombe (de l'Aveyron) a prouvé clairement l'inanité du projet, tel qu'il a pu échapper aux redoutables ciseaux sénatoriaux. Vous faites une loi pour autoriser les syndicats agricoles à constituer des sociétés de crédit mutuel, mais chacun sait que vous enfoncez une porte ouverte, puisque les syndicats ont déjà cc droit, en Yertu de la législation actuelle. Il est bien inutile de nous accorder une permission que nous possédons déja. Le crédit agricole, mis a la portée des petits cultiYatcurs, ne peut être constitué qu'aycc l'appui de la Banque de France. Cet établissement peut prêter a 3 °/ 0 • Mais l'agriculteur, obligé de subir la régie des trois signatures, ne se procure d'argent qu'à 9 ou IO 0/o. La diflércnce reste entre les mains des intermédiaires. Certains éleveurs de la Nièvre jouissent de la faveur d'être admis à l'escompte par la Banque de France, mais ce sont de gros industriels. Les pauvres n'ont point part a cet avantage. Autre objection : la loi ne limite pas le taux de l'intérêt a payer au capital et exempte celui qui prête a une société de crédit mutuel agricole, de l'impôt sur le rcYcnu des valeurs mobilières; en sorte que on pourra retirer d'un tel placement un intérêt très rémunérateur et le reYenu ainsi obtenu échappera a tout impôt. Bonne affaire pour MM. les capitalistes ! Voila les réformes pratiques du parti opportuniste ! Politique
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