La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

LE SOCIALISME AGRAIRE 551 De ce semblant de différenciation entre les votes de Dijon, de Marseille et de Nantes, les meneurs réactionnaires des syndicats agricoles, le journal la Démocratie rurale, M. Le Trésor de la Rocque et tutti quanti de la presse capitaliste quotidienne ont immédiatement proclamé la grande division socialiste. Selon ces messieurs, le congres de Marseille s'était borné a demander l'expropriation des grands domaines, pour en distribuer les parcelles aux petits cultiYateurs. Le congres de Nantes a répondu a ces tléfigurations. Jules Guesde a dit textuellement: « La où, dans un milieu donné, et pour 1111 temps, « le moyen de production, comme la terre, est encore en possession « du producteur, c'est-a-dire du paysan, nous proclamons la nécessité « de défondre la forme individuelle d'appropriation qui empêche « Jacques Bonhomme de devenir un prolétaire ou un salarié. » Dans les considérants destinés a précéder le programme de Marseille nous lisons: « Si cet état de choses (la terre possédée a titre individuel) est fatalement app::lé à disparaître, le socialisme n'a pas a préci- - piter sa disparition ». Il était peut-être inutile de rappeler ces textes, l'accusation d'anti-collectivisme portée contre les marxistes français tombant d'elle-même. Quant au parti ouvrier socialiste révolutionnaire, dit allemaniste, rien d'étonnant a ce qu'il ait mis plus de décision èans les articles de son programme, puisqu'avant tout il dédaigne la tactique et la politique et veut être exclusivement un parti d'action réYolutionnaire. Il est donc trcs naturel que, contrairement aux autres, ce parti se préoccupe moins des améliorations immédiates et mette plus en Ycdette ks bases de la cité de l'ayenir. Cependant, - et Yoila préciscment ce que les amateurs de mise en opposition des divers socialistes omettent toujours, le parti ouvrier socialiste révolutionnaire, lui aussi, distingue nettement entre les mesures transitoires et les autres. Les mesures transitoires préconisées par le parti ouvrier socialiste réYolutionnaire sont presque identiques a celles votées par les congres des autres partis. La doctrine socialiste n'est pas indivisible, mais elle reste une. * * * L'on a encore dit que les formules dites trans1to1res ou préparatoires ont été imaginées bien tard. Nous renvoyons ces ignorants ou ces malveillants au manifeste du parti communiste présenté en 1847 au congres de Londres par Karl Marx et Engels, que vient de rééditer 1'Ère nouvelle, et aux rapports de César de Paepe qui déterminér ent la direction suivie par l'Internationale. •

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