LA REYUE SOCIALISTE que les deux tiers des cultiYatcurs étaisnt si misérables qu'il était impossible à la finance cosmopolite de prêter son concours à l'organisation du crédit agricole. Il s'en va pièces à picces le conte de la RéYolution faite au profit des paysans et leur assurant la terre. (Voir Lafargue : La Propriété paysa1111el l'évol11tio1é1co11omiq11e. - Petite Rép11bliq11e des 22, 23, 26 octobre). - Ci-dessous une statistique, dont les chiffres se rapprochent de ceux publiés dans le Siecle lui-même par M. Grandeau : Très petites propriétés (moins de r hectare) Petites propriétés (de r à 5 hectares). . . Petites propriétés (de 5 à ro hectares) . . Moyennes propriétés (de ro à 50 hectares) Grandes propriétés (de 50 hectares et au-dessus) Nombre Etendue posséd.:e des propriétaires Hectares 1,102,200 2,000,000 2,214,000 8,6.1. -7,700 529,400 6,254,100 438,000 1..1-,496,200 72,700 17,415,000 4,457,200 48,813,000 . Soit 3,845,000 petits proprietaires de moins de 10 hectares possédant 34 °/o du sol français, et 510,000 propriétaires de plus de ro hectares possédant 66 °/o du territoire. - Peut-on dire que c'est li un régime de démocratie paysanne ? ous ne pouYons surcharger cette rapide étude de chiffres et de documents que les amateurs pourront trouver, par exemple, dans les ounages de MM. Letourneau, Tou beau, Fernand Maurice, Daniel Zolla, Le Trésor de la Rocque, etc ... , et les statistiques officielles de M. Tisserand, dont nous résumerons une seule, celle relative i l'émigration des campagnes. Le recensement de 1886 a\'ait accusé r 3,766,508 habitants des villes et 24,452,395 ruraux. Le recensement de 1891 donna 14,391,292 individus pour la population urbaine et 24,031,900 ruraux. Malgré u-n accroissement total de 125,000 habitants, cela fait, en cinq ans, une perte de .p. o,495 indiYidus pour les campagnes. Le capital, dans son évolution, a détruit cc qui devait le so;.1tenir. Pour approvisionner ses fabriques, pour donner plus de travail humain à consommer i ses machines, il a graduellement attiré les ouYricrs des cha!11ps dans les usines par de plus forts salaires. Puis, la bourgeoisie, enrichie par l'industrie ou les speculations financières, se mit i acheter des terres. La nouYcllc féodalité commerciale, financière et industrielle Youlut singer l'ancienne et devenir aussi terrienne. Et les petits propriétaires durent céder au flot montant du capitalisme agraire. "Vint ensuite le machinisme agricole. Plus rien à faire. Tous, petits propriétaires et journaliers, ont alors galopé Yers les villes, où, par ce surcroit de concurrence,
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