La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

LE SOCIALISME EN SORBONNE 45 LE SOCIALISME EN SORBONNE Il a été fondé, cette année, a la Faculté des lettres de Paris, grâce à un don généreux de M. de Chambrun, un cours d'Histoire del' Economie sociale. M. Espinas en a été chargé. Il était désigné au choix du ministre par ses travaux antérieurs; son livre sur les Sociélesanimales a eu un grand et légitime retentissement dans le monde savant, et il a publié de plus une Histoire de l'Eco11011pûoelitique. La leçon d'ouverture de ce cours a été professée le 30 avril, et •elle a paru dans le numéro de mai de la Revue i11ternatio11aldee Sociologie. Le distingué professeur n'y a guère parlé de la méthode qu'il compte appliquer à l'étude du passé; il a préféré exposer ses idées sur le présent et sur l'avenir. Il a cru devoir donner son opinion sur la crise sociale actuelle, ce qui était une façon de faire connaître l'esprit qui présiderait à son enseignement; et c'est ainsi que le socialisme s'est trouYé, par lui, des le premier jour, mis sur la sellette des accusés. M. Espinas est un philosophe nourri de philosophie allemande ; c'est dire qu'il ne pêche point par. excès de netteté, mais dans les formules abstraites, dont il nous paraît abuser, sont enveloppées des pensées qui Yalent la peine d'être dégagées et discutées. I Il est aisé de remarquer dans les écrits de ceux qui s'occupent aujourd'hui de science sociale deux tendances, je ne dis pas opposées, mais divergentes ( r). C'est, d'une part, le courant 11aluraliste. Pour ceux qui le repré- (1) Voir à ce sujet l'bttrod11clion à la sciencesociale d'Alfred Fouillée, et une brochure intéressante de M. Marcel Bernès, professeur au!lycée de Montpellier : Les deux dil·ectio11s de la sociologieco11te111porai11e. - Larose, éditeur, Paris.

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