La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

502 LA REVUE SOCIALISTE travail dans les couvents et ouvroirs, de l'amende et 9c toute retenue sur les salaires, etc ..... - Amnistie, remplacement de la magistrature par des conseils d'arbitrage et des jurys élus, milices nationales, autonomie communale, ·éducation intégrale, réglementation du travail au triple point de vue de la durée, du mode et de l'hygiène, création de prud'hommes commerciaux et agricoles, transformation progressive de toutes les industries particulières en services publics, etc. Bref, ce qui distingue surtout les résolutions du congrès de la « Fédération des travailleurs socialistes de France », c'est, après les affirmations théoriques d'avenir, le souci pratique des détails) c'cst-àdire l'esprit nettement réformiste ou possibiliste, l'énumération des réformes progressivement réalisables. * * * Le douz..iemCe o11gre1s1ntio11daul « Parti ouvrier i, .- Comme pour le congrès de Tours, nous allons omettre le programme agricole Yoté à l'unanimité après de brillants discours de Jaurès et du citoyen Lafargue, rapporteur. Nous aurons, en effet, l'occasion de le citer dans l'étude spéciale que nous consacrerons le mois prochain à ·la propagande socialiste dans les campagnes. Notons cependant que mandat a été donné aux députés présents au congrès de déposer dès la rentrée; d'accord avec le groupe socialiste de la Chambre, une demande d'interpellation sur la situation def campagnes et les moyens que le gouvernement compte employer pour remédier à leurs souffrances. Cent trente-quatre YiIles et trois cent quinze organisations syndicales et politiques avaient e1woyé quatre-vingt-dix-neuf dcléguès, parmi lesquels des ouvriers et des licenciés, des paysans et des publicistes, des journaliers et des petits propriétaires, tous fraternellement unis sans heurt ni choc. • Après l'entérinement des lettres de sympathie venues d'Allemagne, d'Autriche-Hongrie, d'Espagne, de Pologne et de Russie, et la lecture du rapport de Zhaès sur l'action du Parti ouvrier dans le pays, le citoyen Jules Guesde présenta le rapport du conseil national sur l'action de son parti à la Chambre, et flagella au passage « le « nouveau Seize-Mai , non plus seulement gom·ernemcntal, mais « capitaliste, inauguré par M. Casimir-Perier, dcYenu le protecteur et (( le protégé des panamistes; ce Seize-Mai n'aura pas une autre issue (( que le premier; il faudra se soumettre d'abord, se démettre après. » Le Congrès décida entre autres que le Parti ounier prendrait part, en I 89 5, aux élections pour les conseils généraux et d' arrondissement, et remit à l'an prochain l'examen dès revendications des inscrits maritimes.

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