La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

REVUE DES .REVUES 479 REVUE DES REVUES Éconon1ie Sociale .Som1AIRE.- Une grève au seizième siècle; les panégyristes du Moyen-Age; indifférence de l'Eglise et de la royauté aux souffranees des ouvriers; le « Tric » des typographes de Lyon; la sentence du sénéchal; appui donné par la royauté aux exigences patronales (Re1!11ie11lernalio11adle sociologie). Les hauts salaires aux EtatsUnis; confirmation des doctrines soutenues dans la Re1!11Seocialiste; l'enquête du ministère du tra\'ail américain sur le coût des objets fabriqués; l'augmentation des salaires n'accroit pas les frais de production; supériorité de l'alimentation de l'ouvrier américain; tableaux comparés des dépenses de l'ouvrier américain et de l'ouvrier européen. (Re1!11Seociale.) Sous ce titre : Une grève au seizièmesiècle, la Revue Internalionale <le sociologie publie la curieuse monographie d'un conflit survenu entre les ouniers imprimeurs de Lyon et leurs patrons en I 539, conflit qui se prolongea plusieurs années, à travers des phases diverses et se termina, finalement, par la défaite complète des ouvriers. J'ai déjà eu l'occasion de signaler aux lecteurs de cette Revue les nombreuses grèves qui éclatèrent pendant tout le seizième siècle, marquant ainsi d'un trait ineffaçable l'histoire économique de cette époque, qui vit se lenr l'aube de la production capitaliste moderne. L'étude de la lutte qui s'engagea dès le début de cette période, a,,ec une égale t1preté de part et d'autre, est singulièrement intéressante à suivre. Elle montre combien superficielle et peu solide était cette organisation corporative dans laquelle les panégyristes du moyen-âge Youdraient nous faire admirer un ordre social stable, où chaque individu aurait eu sa fonction naturelle précise, avec un ensemble. d'avantages et d'obligations, de droits et de devoirs particuliers universellement respectés .et remP.lis. Hélas ! si à première vue, sur une généralisation rapide, en modelant les faits sur la théorie, l'ordre politique et économique des anciens âges apparaît comme une construction savamment agencée, dont les lignes harmoniques se marient agréablement, il ne faut pas approcher de trop près, sous peine de découvrir dans l'édifice ingénieusement ordonné par les théoriciens, un amas informe de maçonneries primitives, aux charpentes à peine équarries, mal étayées, qui dûrent souvent provoquer des catastrophes meurtrières. On éprouve alors l'impression du malaise constant que devaient ressentir ceux qu'abritait le toit toujours menaçant ruine de ce monument. Pour peu

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