4ï 2 LA RE\'UE SOCIALISTE diairc entre l'économie politique pure et la morale sociale. Elle tient la balance entre les deux. Elle est aujourd'hui sur la bonne Yoie : l'histoire et la philosophie lui ont n'.:appris le chemin, qu'elle aYait un peu oublié, de la synthésc collcctiYc et de l'idée du tout; la statistique et l'histoire de l'économie lui ont enseigné l'empirisme méthodique a la place du grossier empirisme dont clic était coutumière; la psychologie lui a fixé pour but, auquel il ne faut pas manquer, la recherche des causes naimcnt décisiYcs de tout fait humain. Cette indépendance rclatiYc que l'auteur conferc a l'économie nationale peut paraître bien précaire. Le concept d'une économie nationale, par opposition a la stricte économie domestique de Xenophon a l'économie etatiste de Platon, a l'économie politique pure et mercantile de Montchrétien et Smith, par opposition surtout au socialisme international de Marx, cc concept semble manquer non de précision logique, mais peut-être de fécondité. Or l'action est le dernier critérc de l'idee, en fait de sociologie. Quelle sera l'action décisiYc de demain? L'aYenir répondra : F11tavia111i111 1eniwt. Si l'on peut prédire que la société future se constitu~ra sans doute sur la base des nationalités, il ne s'en suit pas qu'il y ait naimcnt place pour une économie dite· nationale. Entre l'internationalisme purement mercantile, indiYidualistc de l'école de Manchester et l'internationalisme socialiste il semble bien qu'il faille prendre parti. Le nationalisme est un terme légéremcnt équiYoque. On stigmatise couramment les sans-patrie. Le malheur est que les stigmatiseurs sont quelques centaines de citoyens et les stigmatisés des milliers, pour ne pas dire des millions de citoyens aussi. Pro aris et focis est une belle formule; mais les anciens qui nous l'ont transmise en excluaient apparemment l'immense population des esclaYes. On demande encore, apres les remarquables conclusions du professeur G. Schrnoller, ce qu'il faut exactement entendre par économie nationale. • La Swola positiva du dernier mois nous apporte « application de l'anthropologie criminelle a l'instruction pénale » de S. Ottolengha et Brussi <c le criminel, fou, homicide» de E. del Greco,« sur la tentatin: de subornation » de E. Ferri, la « criminalité féminine en Hollande » de Van Hamel, <c de la restriction des actions imputables » de E. Capobianco, « prostitution et délit » de G. Lcti, << la prison prévcntiYc et l'économie sociale » de F. de Luca. On connaît les tendances de la Scuolapositiva. En sociologie, Lombroso, Ferri \'Ont Ycrs le socialisme, ils en acceptent le programme de réformes. En psychiatrie, ils réagissent contre la sentimentalité ignorante, c'est .ainsi qu'ils l'appellent, et sont pour la science positiYc. Malheureusement, on ne sait encore cc que c'est que cette science positiYe, en des questions aussi complexes que les questions de psychologie sociale. Le crimi-
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