La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

LESDEUXENFANTS 455 Il la remet à M. de Gauge. Ma mission est remplie. Je n'ai plus qu'à me retirer. L'homme sort après un échange de saluts. M. DE GAUGE, décacheta11lat lettrê. - Voyons d'abord la signature : Pierre Bouvret. Mme DE GAUGE-. Le pére de l'assassin de mon fils ? M. DE GAUGE lit lespremiers mots,devient blême;puis poursuivant, il porte la main a so1f1ront, cha11celle,t laissetomber la lettre. MmeDEGAUGE, la ramassant. - Qu'est-ce que cela signifie? M. DEGAUGE essaiede la lui repreudre. - Ne la lis pas! MmeDE GAUGE la lui arrache, s'éloig11et lit. Elle pousseun cri, et tombeévanouiesur leparquet. M. DEGAUGE, a la dame de co111pag11aiper,èsavoirson11é. - Aidezmoi à releYer madame et à la transporter sur son lit. Accourent b femme de chambre, un domestique et un cocher. A lafemme de chambre. - Aidez-nous ! M. de Gauge et les deux femmes portent M"" de Gaugc et s'éloignent. LE COCHER, au do111estiq11e. - C'est c'te lettre, bien sûr, qui les a mis sens dessus dessous. LE DOMESTIQUE, la rn111assa11!. - Dis donc, si nous la lisions? LE COCHER-. Mais oui? Tiens! puisqu'elle est ouverte! LE DOMESTIQUE, lisa11tfoui haut. - « Charles n'était pas votre enfant. Je suis son pére et Marthe est sa rnére. Nous étions misérables et nous ayons craint pour lui la misére. Alors, j'ai enlevé YOtre fils de son berceau et je l'ai remplacé par notre enfant, à ma femme et à moi. Votre prétendu fils Charles, c'est notre fils Philippe. « Dites donc, monsieur et madame de Gauge, si \'Otre fils, quand je serai mort, allait devenir voleur et assassin, comme tant d'enfants pauvres abandonnés? La leçon serait raide pour vous, hein? Dame ! le sort des malheureux ne vous a jamais empêchés de dormir, n'est-ce pas? « Pierre BouvRET ». LE COCHER-. Nom d'une pipe! En v'là un coup d'tonnerre ! Leur fils devenu un escarpe par leur faute ! LE DOMESTIQU-E. Eh ! zut ! Tant pis pour nos maîtres ! Apres tout, il faut bien qu'les cossus connaissent aussi les embêtements d'la vie ! IX Cour de la Roquette. Deux voitures cellulaires stationnent. - M"'• de Gauge appuyée contre le mur. LE DIRECTEUDRE LAPRISON, au gardien-chef. - L'ordre du ministre est formel. Que voulez-vous? Je dois m'y conformer. LE GARDIEN-CHE-F. Cette paune dame est folle.

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