412 LA REVUE SOCIALISTE au hasard, des instituteurs qu'il prend comme il peut dans des agences, sur la foi de renseignements souvent Yagues ou erronés, sans contrôle possible, n'ayant à choisir parfois qu'entre des déclassés qui ont erré déjù de pension en pension, qui ne sont parYenus à se fixer nulle part et qui ne seront pas plus appréciés à Cempuis qu'ailleurs. Cc perpétuel changement de personnel est un mal graYe, dont la responsabilite remonte non pas à la direction, mais à l'administration supérieure. Il existe à Cempuis une autre imperfection dont on n'a rien dit, je crois, mais que je ne Yeux pas omettre néanmoins, car je ne fais pas systt'.:matiqucment une apologie. Je parle ici du gr~1nd nombre de professeurs permanents : il n'y en a pas moins de cinquante, c'est-ùdire un pour quatre enfants. La proportion est considérable. Elle tient évidemment à l'extrême multiplicité des matiercs enseignées, et il est sans doute impossible d'employer moins de maitres, cc qui est un gros embarras, au point de vue financier, pour la généralisation du systt'.:mc. Mais si l'on ne peut diminuer le nombre des professeurs, on peut au contraire augmenter celui des éle\'Cs et le porter sans inco1wénient à cinq cents, par exemple, cc qui réduirait la proportion à un pour dix et la dépense cesserait d'ètrc cxcessiYc. Enfin, on doit se demander si les éleYcs sortant de Cempuis posscdent une instruction suffisante et naimcnt sérieuse, produit fructueux d'un effort continu de douze années. J'éprou\'e quelque difficultt'.: à répondre à cette question. L'école est trop nom·clle, les tâtonnements inéYitablcs ont été trop nombreux. Le personnel, qui n'est pas composé d'agrégés, tant s'en faut, a été trop défectueux; trop peu d'éle,·es ont reçu l'enseignement d'une manière compléte pour que les résultats soient complètement satisfaisants. Que la YOie soit indiquée, que les chimères d'hier soient reconnues possibles et réalisables, c'est assez. On aurait pu remédier aux imperfections de cette école, on -aurait pu chercher et trom·er certainement des cléments meilleurs et plus stables. Au lieu de cette amélioration progrcssiYc et facile à faire, on a prcféré frapper brutalement M. Robin, cc qui est atteindre en mème temps derrière lui le conseil géncral de la Seine. Il eût étc au moins co1wcnable de traiter a\'eC plus d'égards - je ne dis pas Paris, qui est habitué à toutes les incartades - mais le géncrcux initiateur de cette belle œunc d'éducation ; on aurait pu respecter en lui l'homme d'une honorabilité universellement reconnue, l'homme dont la conduite a été entièrement approm·ée chaque année dans ks rapports des inspecteurs nommes par le gom·crncmcnt. On ne l'a pas fait; on a mieux aimé abattre le socialiste et, autant que possible, dcshonorcr sa création. Le premier résultat est atteint ou parait l'être jusqu'à nouYel ordre; le second ne l'est pas, bien au contraire.
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