392 LA REVUE SOCIALISTE L'Œuvre -pacifique au xrxe Siècle L'idée de la paix universelle, aprés aYoir germé dans les cerveaux de penseurs <.':mérites, tels que l'abbé de Saint-Pierre, Kant, le comte de Scllon, est restée à l'état de Yœu chimérique jusque dans la seconde ·moitié de notre siécle. On considérait assez généralement la guerre comme un de ces flcaux contre lesquels l'homme ne pouYaitricn et qui revenaient fatalement par intermittence exercer leurs ranges dans les familles et dans les États. Aussi la Yoix des partisans de la paix à titre d'institution définitive se perdait-clic dans le dcscrt, isolée qu'elle était par les traditions et les préjugés qui faisaient des tueries humaines un mal inéluctable, Yoirc même un clément essentiel du déYclo\)pcmcnt moral, intellectuel et matériel de l'humanité. Dans les premières années du dix-ncuYiémc siècle, alors que l'Europe présentait l'aspect d'un Yastc champ de bataille et que les Etats-Unis d'Amérique Yenaicnt seulement de se constituer, à la suite de leur guerre d'indépendance, il ne pouYait être question d'organiser les éléments épars de l'idée pacifique. Ces éléments ne se connaissaient pas entre eux et leur existence, en Europe du moins, était totalement ignorée des masses, qui n1attcndaicnt que du bon plaisir des monarques le rameau d'oliYier leur apportant la sécurité du lendemain. La premit'.:rc socit'.:té de la Paix fut créée dans les États-Unis d'Amérique, à Boston, Y:'!rs r8ro, sous le nom <l'A111ericaPneace Society. La Peace Society de Londres la suh·it de pn:s, en r 814. Ces deux groupes existent et sont actuellement en pleine prospéritè; ils possedcnt des fonds d'une certaine imp6rtancc et comptent des succursales dans les principaux centres de population "de l'Am<'.:riquc du Nord et de la Grande-Bretagne. Ils ont une tendance religieuse prononccc et font reposer essentiellement sur les dcYoirs du chrétien leurs œuYres de propagande. ..
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