REVUE DES REVUES 359 (établis dans chaque commune ou section de commune), lorsqu'ils seront oblitérés, ou bien à la fin de chaque exercice annuel. Les inscriptions y seront portées au compte de chaque intéressé qui y figure. De telle sorte que l'on connaîtra toujours, avec une exactitude suffisante, l'ensemble des recettes et des dépenses de chacun. Je le répète : malgré l'apparence icarienne de cette description, il n'y a là, en somme, rien d'utopique. C'est simplement un projet, plus ou moins pratique, de systèmes d'échange, tenant él la fois de la .compensation, du virement et du compte courant, déjà pratiqués aujourd'hui, sur les grandes places financières, entre marchands de crédit et échangistes importants. Mais si, comme semble le croire M. Solvay, la question de la taxe unique sur les successions se lie intimement à celle de la suppression radicale de la monnaie, ne craint-il pas que la possibilité de la rèforme fiscale qu'il prèconise ne soit par cela même condamnèe en principe, irrémédiablement et sans appel, au moins quant à sa réalisation immédiate, du fait des difficultés théoriques et pratiques soulevées par les conditions qu'il met à son application? Nous ayons YU plus haut que M. Solvay entend substituer un système de comptabilité au mode d'échange actuel. Dans l'esquisse du fonctionnement de ce système, il y est parlé de vente, d'achat, de crédit jusqu'à concurrence des 7, 8 dixièmes des valeurs possédées par tout citoyen considéré comme créditeur de l'État. Mais à quelle réalité exacte, appréciable, éYaluable, répondent les termes de Yente, d'achat, de valeur? M. Solvay dit : « Prenons un individu dont la fortune serait évaluée à 100,000 francs ... » - Cent mille francs, cela exprime un rapport monétaire, et le fondateur de l'Institut de Bruxelles veut supprimer la monnaie. Il y a là une contradiction évidente ! Cependant, M. Solvay n'a eu garde de négliger la distinction à établir dans le rôle de la monnaie, scion qu'elle remplit les fonctions d'instrument. matériel de circulation, ou celle de commune mesure des valeurs. Il comprend très bien la double fonc- .tion monétaire. Malheureusement, il s'est borné à indiquer dans une note la né~essité de dépouiller la monnaie du double office qu'elle remplit aujourd'hui, et cette indication sommaire est absolument insuffisante - ou plutôt la conséquence logique que M. Solvay tire du double caractère de la monnaie, à la fois mesure de valeur et instrument d'échange, est de nature à infirmer singulièrement la possibilité de faire de l'impôt successoral le point de départ d'un acheminement progressif ycrs l'égalisation des conditions sociales. Le système décrit plus haut n'a rien d'impraticable, avons-nous dit. Il se borne à généraliser, par un service central remis à l'État, banquier de la nation, les pratiques banquières usitées dans les
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