,r.A FEMME DANS LA SOCIÉTÉ ~IODERNE 3Il les femmes ne sont admises à en faire partie que dans l'État du \Visconsin, oü, si l'on en croit M111 c May \Vright Sewall, la justice ne serait pas plus mal rendue qu'ailleurs. A ne s'en rapporter, comme on Yoit, qu'à l'action intelligente exercée par les femmes dans les occasions oü il leur a été permis de manifester leurs sentiments, il ne semblerait pas inopportun de les élever immédiatement au titre de citoyennes, aYec tous les droits qu'il emporte. Mais si l'expérience est la mère du progrcs, les expériences sont parfois périlleuses, et il importe surtout au prolétariat (qui lutte moins pour disputer à des maitres quelques lambeaux de bonheur que pour supprimer les maîtres et établir l'égalité) de n'en pas tenter de trop hasardeuses, sous peine de les Yoir peut-être se retourner contre lui. Et, pour le surplus, de même qu'à coté des hommes éclairés, il existe un peuple d'hommes aveugles, prêts à toutes les servitudes, de même, au dessous de quelques personnalités féminines, animées d'intentions louables et pourvues de toutes les aptitudes, bien qu'étrangères pour la plupart au mouYement socialiste, il y a une •masse de femmes, résignées encore aux despotismes existants et qu'il faut instruire de leurs devoirs aYant de ies jeter dans la mêlée sociale. Que nos compagnes conquièrent d'abord leur émancipation économique, c'est-à-dire la possession d'un salaire égal à celui de l'homme, et ce sera la prem·e qu'elles seront mûres pour l'émancipation politique. FER~AND et MAURICE PELLOUTIER.
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